12 mai 2009
En plein dans le mai
En mai fais ce que tu peux.
04 avril 2009
On peut toujours rêver
J’aimerais qu’il ait un ami qui lui dise :
- écoute, vois les choses en face. Ce n’est pas parce que moi aussi je traîne mes casseroles conjugales et que je suis ainsi sensé dormir sous le même toit que toi, regarde, écoute, entends, elle, ce n’est pas pareil, elle, elle se rappelle, elle se souvient, elle fait des assemblages dans sa tête et dans ses gestes qui ne sont pas tout à fait les mêmes que ceux que nous, hommes, amoureux, haineux, meurtriers, croyons voir dans toutes les femmes. Tout ce que nous imaginons de commun chez elles, pour nous assurer que la vie est ainsi faite et que rien, entends-tu, rien, rien, ni hier ni aujourd’hui et peut-être ni demain, rien, ne viendra modifier nos images d’elles, pour avoir moins mal, pour être plus assurés, pour, je ne sais plus, mais sûrement pour avoir moins mal.
Regarde-là, elle, elle te dit autre chose, autrement, elle le dit à toi, toi qu’elle croit autre, qu’elle sait autre, regarde, je suis ton ami, je devrais te taper du coude et te dire que c’est du pareil au même les gonzesses, mais je ne serais pas ton ami si je te disais ce que tu attends, ce que tu attends pour avoir moins mal, or je suis ton ami, or je m’accroche encore à cette idée qui m’humanise encore un peu dans le marasme de cette existence où la plupart du temps je ne suis pas tout à fait moi, je suis ton ami, et alors je me dis que si c’est vrai, si je peux te taper du coude, si je peux échanger ce regard qui est sensé dire bien plus qu’aucun mot ne pourrait le dire, dire cette connivence qu’on essaie de construire, pour avoir moins mal, mon ami, pour avoir moins mal, retiens-là. Tu ne l’as pas comprise, tu ne la connais pas, tu l’as mariée mais tu ne sais rien. Moi qui suis dehors et qui suis tenté, c’est vrai, je ne le nie pas, de voir l’herbe toujours plus verte ailleurs, je te le dis, elle n’est pas plus verte, elle est. Elle est à toi, pour toi, et toi, pardonne-moi mon ami, ce n’est pas trahir, et puis comment te convaincre de ce que je vois, lorsque tu es persuadé de voir mieux que moi ma vie, la tienne, celles des autres, comment faire, comment dire que tu te trompes, comment te dire que tu dois faire un pas, pas en arrière, de côté, de côté mon ami, et tu verras. Moi, si j’en avais une comme ça, peut-être que je la laisserai partir, parce que c’est moi qui l’aurait alors choisie, et que rien que pour ça, j’aurais toutes les raisons du monde de la renier, de l’oublier, de la nier, de la haïr, comme j’ai haï depuis ce premier souffle, mais ce n’est pas moi, c’est toi. C’est toi. Et c’est elle.
Voilà, ce que j’aimerais qu’il lui dise.
17 février 2009
Comment ressembler à Laura Ingalls ?
Allez chez Horreur & Merde acheter ces nouvelles chemises à la mode délavées et rayées qui vous donneront l’air de rentrer des champs (14, 90 euros).
Prenez une douche, enfilez votre nouvelle tenue fermière fabriquée par des roumains ou des chinois , c’est pourquoi vous l’avez payée ce prix là, qui a instantanément soulagé votre porte monnaie tout en envoyant se faire voir votre éthique ailleurs.
Puis une fois rentrée à la maison, prenez un gramme de cocaïne avec des vrais morceaux de cocaïne dedans. Une grande cuillère, de l’amoniaque, la cocaïne fond comme les bons sentiments au soleil sauf qu’elle trempe dans l’amoniaque, qui chauffe sous une flamme, récoltez le peu de pate au couteau, trempez dans l’eau puis séchez sur un saupalin.
Vous avez le temps, Charles Ingalls ne rentrera pas avant ce soir.
Prenez un verre, recouvrez-le de papier alu, faites des petits trous au cure dents en carré à une extrémité, puis une ouverture plus grande à l’opposé.
Faites chauffer le mélange amoniaque / cocaine sur la gazinière, une partie fond, l’autre non. Celle qui résiste, c’est la coca pure. Rincez-la à l’eau et ô joie physico-chimique nous obtenons une petit caillou pur de blanche, ou de blanche pure, comme vous voulez.
Sur les petits trous de l’alu, on pose un cylindre de cendre de clope, on l’applatit délicatement, on pose son caillou dessous, on vide son air, et on allume le feu comme dirait Johnny. On allume le caillou sur la cendre à l’aide du briquet pendant que la bouche aspire par la grande ouverture et ne cesse d’aspirer tant qu’elle peut.
La bouche garde la fumée, pour une fois elle se rend utile, en ne déblatérant pas mille conneries à la minute. Le flash stoppe tout. C’est bon, on est comme à la campagne, à la cool, mais pas trop quand même, faudrait pas venir me faire chier.
C’est un rituel les gars, comme le thé japonais.
Jo et Patou ont l’air d’aimer, ils ont l’air aussi cons d’habitude.
omment r
04 décembre 2008
La phrase du mois
On n'apprend que ce que l'on était prêt à découvrir par soi même (poil à la crème).
08 novembre 2008
Dans 1000 ans
Ça fourrage sévère à cœur. Main griffue qui farfouille acharnée au-delà du sang. Y a la foreuse qui s’active creusant année après année son périmètre, son tunnel. Y a les puissants aimants et les caméras chiadées. Ça pourrait ressembler à un accélérateur de particules.
Attends je relis.
Pourquoi cette obscure intro ?
Je répète pendant que tu plaques trois accords de piano : pouuuuuuuuquoi cett’obscuuuuuuure introooooooo ?
Je répète : pourquoi.
Pendant que tu plaques.
Je la vois, je lui fais face, seconde après seconde, y a pas à dire, j’en suis pas fière, mais je sais me battre.
Je ferai feu de tout bois mais du déni y en aura pas. Ni des petits arrangements que l’on s’accorde pour arriver à faire bonne figure.
Y aura pas de pitié non plus : ni sur toi et encore moins sur moi. Juste un cœur qui bat pour un autre avenir.
Y aura pas de soi-disant bonnes intentions pour venir à la rescousse. Il y a déjà la volonté sans adjectif et surtout sans adverbe.
Y aura pas de statue à déboulonner parce que je lui aurai embrassé les yeux.
24 octobre 2008
On fait c'qu'on peut avec c'qu'on a
Ok, les gars, vous ne serez pas dépaysés, tout cela n’est qu’un retour à l’anormal.
Le titre de ce billet n’est pas très sorcier et rien ne vous paraîtra étrange puisque vous êtes chez TENIR ! (je tiens au point d’exclamation).
PD, l’amour oléagineux de ma vie, pourquoi olégineux me demanderont ceux qui en ont quelque chose à foutre, je n’en sais rien, noix, noisettes, amandes, vin, long en bouche, sirupeux, sensualité, j’en sais rien, PD donc disais-je, disait : la nostalgie c’est comme les coups de soleil, ça fait mal le soir.
Prenez vos cahiers et vos stylos, leçon n° 20487309040 ° ouest ° 465 sud, quarantièmes rugissants, cinquantièmes hurlants, deux points ouvrez les guillemets : "comment aborder sereinement le soir ? "
Dans un souci d’accessibilité évident qui vous aura sauté à la gueule comme une bombe à fragmentation, nous supprimerons l’adverbe et reformulerons notre problématique ainsi : comment aborder le soir ?
Et là une foultitude de formes / pensées s’amalgament soudain pour vous pleuvoir sur la gueule comme si on était le matin, alors que, ceux qui suivent savent qu’on est le soir.
Comment aborder le soir ?
Comment aborder le soir quand votre moitié a une gueule de centième ?
Comment aborder le soir quand vous avez l’impression d’être un bocal sur une étagère ?
Comment aborder le soir quand la coke est franchement de mauvaise qualité, mais que vous tapez du pied pour vous forcer à penser à autre chose ?
Le problème c’est que ça marche. Vous pensez à l’opium.
Comment aborder le soir quand vous pensez à l’opium et que vous vous interdisez d’appeler magic man parce que la dose qui devait vous faire deux mois vous a fait deux jours, et que vous ne voulez pas passer pour ce que vous êtes déjà : une polytoxicomane ?
Comment aborder le soir en ayant le courage de ne pas mettre un coton entre soi et la vie ?
Comment aborder le soir sans penser à ceux qui sont partis trop tôt, et ceux qui ne méritent pas de s’éterniser ?
J’enfouis la tronche dans les cours, dans les livres, dans les textes qui ne seraient rien sans ce que je suis. Je pourrais me goinfrer tout le savoir de l’univers, si le média est pourri, le reste l’est aussi.
Comment aborder le soir ?
En ne se prenant pas pour de la merde.
Facile, avec un demi-litre de rhum.
24 juin 2008
Eteindre le feu
Bon on aurait pu la jouer plus sagement cette soirée, enfin je dis « on », je devrais dire « eux », car en ce qui me concerne mes poulets, j’ai une vie quasi monacale.
La question est la suivante : avoir (des amis) ou ne pas (en) avoir. Jo tient quand même plus la route que Patou qui n’est bon qu’à ramasser à la petite cuillère en ce moment. On ne joue pas impunément avec les produits toxiques de son voisin surtout si c’est pour penser à l’éliminer, ou alors on le fait de façon plus…tactique, c’est à dire de manière à ne pas se faire toper, minimum.
Du coup, j’ai ouvert un compte sur Facebook, pas la peine de chercher Huguette, à la CIA, on m’a appris à me cacher savamment, surtout en affichant plein pot une photo de ma poire, ce qui comme chacun sait, aide à se fondre dans le paysage.
Je ne cherche pas d’autres amis, puisque Jo et Patou sont le concentré de ce qui se fait de pire et de meilleur à la fois, et le fade lasse vite, mais il est toujours intéressant de voir que l’herbe n’est pas aussi verte ailleurs. Pascal disait que le bonheur c’est continuer à désirer ce que l’on a déjà.
Et franchement avec les deux zigotos qui crèchent chez moi, ces deux polytoxicomanes en phase terminale (je suis une enfant de chœur à côté), doublés d’un penchant alcoolique, dépressif, parfois violent, flanqués d’une vie tellement absurbe que j’en perds mon latin, ce qui n’augure rien de bon car je suis à peu près la seule à pouvoir exorciser ces corps hantés par la vie, et bien donc j’ai besoin de savoir que je les désire encore, parce que là, si je m’écoutais je jetterais le grille-pain dans la baignoire où Patou patauge comme un vieux crouton de bouillabaisse, et je maintiendrais fermement l’oreiller au-dessus du visage de Jo qui roupille comme le premier juste du monde. Zé-ro culpabilité.
Je vais aller chercher les croissants.
23 juin 2008
3 pizzas achetées, 1 offerte
Je disais donc qu’on n’avait pas hâte d’être à demain et je déteste avoir raison.
Je n’ai quasiment pas dormi, Jo m’a réveillée alors que je bavais sereinement sur l’oreiller depuis à peine une heure. L’auréole n’avait pas atteint 2 cm, qu’il me secouait déjà comme un prunier, affolé qu’il était, car Patou voulait mettre fin à ses jours.
Pour l’heure, il ne parvenait qu’à dégobiller ses tripes sur mon canard WC.
Et pour cause, douze pots tout neufs d’un « mélange équilibré de différents types de crevettes, insectes aquatiques et de sticks séchés ».
Ce couillon, sous le coup d’une violente prise de conscience qui l'avait projeté conjointement dans l’indigence de son existence et dans la cuvette, affamait ma tortue et repeignait mes chiottes. Armée de la brosse ad hoc, je m’apprêtais donc, comme tout être sain de corps et d’esprit, à lui exploser la carapace en commençant par l’exploration abrupte de son fondement. Jo stoppa mon bras vengeur en me rappelant qu’il risquait quand même quelques années de prison (cf. billet précédent) et qu’il pouvait être légitiment déprimé.
Je suis revenue dans le salon et j’ai compté : 4 bouteilles de rouge, 1 de limoncello, 1 de vodka mandarine. Mon cd de Massive Attack a été sévèrement attaqué par les quelques grammes de coke qu’ils ont dû méticuleusement piler pour essayer de débourrer : trois verres, trois traits, trois verres, quatre traits, un verre deux traits, bref une ribambelle de tranches napolitaines. Je retrouve le cadavre d’une plaquette de Xanax : le sabre d’un Patou affrontant courageusement ses angoisses, pour se finir à la bouffe pour tortue. Im-pé-rial. Un gladiateur des temps modernes.
Jo n’en mène pas large non plus, et je ne parviens pas à savoir si c’est par désoeuvrement ou par compassion qu’il arrache une à une les pages du code pénal et les lui tend en guise de saupalin.
Je vais m’allumer une clope.
22 juin 2008
Casque obligatoire
Hé ho ! ouh ouh ! je ne sais pas si quelqu’un m’entend, et j’aurais de toute façon du mal à le savoir vu que j’ai zigouillé les commentaires. C’est l’humeur du moment, le zigouillage. La faute à Patou qui crèche chez moi depuis trois jours : une petite baisse de régime consécutive à une mise à pied (son renvoi est en pourparlers). Le motif reste mystérieux, pour ses supérieurs en tout cas. Jo et moi, on connaît la vérité. Et voilà, on con-nait-la-vé-ri-té.
Putain, c’qui fait chaud ce soir. Les moustiques attaquent en kamikaze.
Je vous fais un léger retour arrière pour les séniles de la dernière heure, de ceux que j’ai dû connaître dans le temps, avant que… avant que quoi d’ailleurs ?
Patou, donc, biochimiste moléculaire au CNRS de Marseille est mis à pied (je répète pour ceux du fond). Il aurait PAR MEGARDE et de façon dirons nous tout à fait fortuite, enduit la paire de gants latex de son collaborateur d’un produit toxique, qui aurait alors déclenché une petite couperose violacée de rien du tout, mais bien visible quand même car située en pleine poire, ainsi que de violentes diarrhées, seulement détectables à l’odorat, ce qui ne les rend guère délectables. La hiérarchie recherche pour l’instant s’il s’agit d’une simple erreur ou d’un acte prémédité. Enduire l’intérieur de gants latex d’un produit quelconque me paraît déjà délicat, et demande patience et minutie. S’acquitter de cette tâche par erreur me paraît digne d’un scénario lucbessonesque.
Patou n’a pas tardé à lâché le morceau : « je suis victime de mon insubordination, je n’aime pas qu’on me chie dans les bottes ».
Je ne reviendrai pas sur le conflit qui oppose Patou à son collaborateur, car vous risqueriez de me coller un procès pour incitation à l’ennui.
Jo (l’avocat bodybuildé, vous rappelez ?) dit que si l’intention de nuire est reconnue, faudra jouer du lasso au pénal.
Bref, je les ai ici tous les trois : Jo m’explique comment changer l’arbre à came de ma bécane, tout en récitant à Patou les peines d’emprisonnement qu’il risque, et détaille les fourchettes d’amendes à payer. Patou s’est rongé tous les ongles, en demandant pardon à son collaborateur de l’avoir totalement raté , il aurait aimé lui dire sur sa tombe qu’enculé il avait été, poussière d’enculé il était à présent, amen.
Heureusement, le Stilnox commence à faire effet, je vais l’arroser d’un coup de limoncello, faut speeder, Morphée à l’air d’avoir salement les boules aujourd’hui. On comprend tous, c'est une sale journée, et j'ai pas hâte d'être à demain.
21 avril 2008
Il faut savoir trancher
Y a des ambiances qui se dessinent. Des relations qui se distendent. Des décades qui s'effilochent. La 2ème voix dans ma tête me dit "fais moi me rappeler de te dire un truc, non mais autant que je te le dise sans ambages, tu te la pètes plus haut que ton cul".
Hé les gars, je ne sais pas si vous avez vu le niveau moyen, mais la taille basse n'a jamais porté aussi bien son nom.
Tous les gens mettent des "s" à leurs impératifs de 1er groupe ou te font des accords de participes passés à l'emporte pièce. Y a pu d'règles. Fais moi un trait faut que je réfléchisse. Y a plus d'amitié surtout.
C'est l'anniversaire de la mort d'un amour : Desproges.
J'ai beau cherché autour de moi si je pouvais m'en coller un autre au panthéon de la table de nuit, au creux de mes mains, au tréfonds de ma caboche, j'ai cherché parmi les morts, cherché parmi les vivants, saint antoine de padoue vous qui retrouvez tout, trouvez moi un de notre époque comptant pour rienne, un avec des mots auxquels je pourrais m'accrocher , mais rien à faire c'est Pierre qui tient le haut du pavé, le pompom, la queue du Mickey.
Ah ouais, j'avais trouvé Yasmina Reza, tout lu, tout, sauf qu'on m'a dit pas touche pas touche, parce que tu trouves pas toi que le bouquin du sarko, blablabli, et toi tu trouves pas que tu devrais la fermer ta grande gueule. Et ouais t'as raison, mais comme c'est toi qui le dis, alors t'as tort. C'est comme ça. Je l'achèterai pas son con de bouquin, mais t'es con. Les cons n'ont pas voix au chapitre, même quand ils se contentent d'ânonner quelques bribes de bon sens. Le monde n'est qu'un perroquet géant. Moi au fond, j'ai pas changé, ce sont les mots qui sont plus durs, mais je sais les rendre aussi doux que possible, je suis sûre d'être bonne en dir de com d'un politique. Je sais manier le sentiment vois-tu. Et les autres derrière qui me demandent ce que je fous, mes amis, à moi, de longtemps, ils me posent encore la question. Je suis déçue, profondément déçue, laminée par le fond, par cette tryptique solitude.
- Jo ?
- ouais, kessya ?
- patou ?
- humm ?
- Vous êtes mes amis oui ou merde ?... c'est quoi ce bordel ?
- c'est des pieds de porcs sauce ravigote, y a l'onglet aux échalottes qui suit.
Y a des médecins qui te prescrivent du Prozac et t'as des amis couillons qui te font des pieds de porcs. Pour noyer l'insupportable et tranquille certitude que j'ai de l'inopportunité de la vie (Pierre for ever), que crûtes-vous que je fisse ?
Ahlalalala, quel dommage, quel sort s'acharne sur nous, la vie a décidé de cuter les commentaires. Non, mais vraiment on vit dans un monde de porcs.
11 mars 2008
Fumet

Ce soir y avait comme un léger relent dans le salon. J'ai ôté mes baskets avec des grâces de danseuse étoile, en dégageant chaque talon de l'autre pied. Pour voir. Y a quand même des trucs sur le plan de l'odorat qui ne méritent pas d'être vécus, ou alors c'est qu'on a vraiment un mauvais karma. Mais c'était pas cette odeur-là, et en plus côté karma, je suis désolée de ne pas combler vos penchants ParisMatchesques, tout se tient vraiment tranquille depuis un bon bout. J'ai suspecté Patou qui ronflait la bouche ouverte, puis les poches arrières du jean de Jo qui venaient de s'exprimer dans un vague bruit de grincement de porte. Deux bouteilles vides de Côtes du Rhône hérissaient la table : on baisse, c'est pas beau de vieillir. Mais putain, d'où vient cette odeur si elle vient pas des chaussettes ? Et si elle ne vient pas du dedans des chaussettes, c'est peut-être qu'elle vient du dedans du dedans des chaussettes, mais plus haut (cadrage en buste).
Je déroule le fil, comme quand j'ai perdu quelque chose, sur le principe de : alors la dernière fois que tu l'as vu (je me dis tu, c'est plus simple), c'était en remontant les escaliers en revenant de chez la cave à vins, et tu l'as posé sur le bureau en bois avant d'aller pisser, donc ça devrait se trouver sur le b... ah ben ça y est pas.
Je suis absolument émerveillée par la capacité que nous avons à reconstruire dans d'infinis détails des situations qui n'ont jamais eu lieu : "je me revois le poser là", ahahahaahahahahahahahahhaahhahaha. Ha.
Je déroule le fil de l'odeur pour voir d'où ça pourrait venir.
Bon sang ! (tapage de cuisses), je suis venue voir le cadavre de ce blog que j'ai mis sous respiration artificielle.
Parfois y en a qui restent dix ans dans le coma et pof y se réveillent : "mais ce n'est pas possible que vous soyez ma femme !!!, si si, ah mais non, ah mais si, ah bon enchanté je m'appelle Jean-Louis vous êtes sûre que ?" (bruyante déglutition de Jean-Louis).
Ca m'a pris quoi ? 3/10ème de seconde. Juste assez pour laisser planer cette odeur de "pas fini" quand j'ai voulu passer à autre chose. J'ai lu le message de Br'1. Et puis y a Sandy qu'a demandé : blog écrire quand tu ?
J'ai pris le Sancerre finalement.
08 mars 2008
Paperblog
Je valide l’inscription de ce blog au service Paperblog sous le pseudo Huguette.
11 janvier 2008
Tralalère
C'est juste pour changer la gueule du dernier billet.
29 octobre 2007
Je m'arrête ici pour l'instant
Je vais pas discourir trop longtemps. Vous savez bien que rares sont les arrêts intempestifs causés par les kilos de bonheur que nous envoie quotidiennement l'aide humanitaire pour guérir nos petits maux occidentaux. Est-ce que cette phrase veut vraiment dire quelque chose ?
Je viens vous dire au revoir. Je fais mon Charles Aznavourian, et 'tant dans trois semaines, je ne peux plus me contenir, je reviens sur le devant de la scène, celui où les lattes du plancher sont instables, pour chanter la douleur de vivre, qui se donne vraiment du mal en ce moment celle-là, devant trois pelés et deux tondus. Poil au.
Mon horloge biologique est passée à l'heure d'hiver de l'Alaska : je ne dors plus, même avec les jolies piles de cachets que j'empile dans le gosier. Le toubib se gratte la tête, moi je serre les dents. Des histoires d'impôts et de divorce noircissent mon âme et mon agenda. Défaire, délier, ce que ce Père, en une église, avait pourtant bien attaché. Me semblait-il.
J'ai plus les mots là. Non, vraiment j'ai plus les mots. Du coup, je vous montre mon profil, et je vais voir ailleurs si j'y suis.

02 octobre 2007
En(d)ragée

Je ne me souviens plus de rien. Ou alors de tout, ce qui revient au même puisqu’il ne reste rien. Rien que la folie de quelqu’un qui perd tout, et pour une fois ce n’est pas moi, mais je mange quand même en qualité de dommage collatéral.
J’avais cru que. Jusque là, il n’est dit nulle part, dans aucune philosophie, aucune texte religieux, que croire est un péché. Croire au veau d’or peut-être. Mais c’était pas un veau, bien qu’il soit en or. Plaqué or. Tu cherches le deuxième poinçon, y en a pas. Tu tapotes un peu, et là où tu croyais trouver du dur, ça sonne creux.
Tu reviens en arrière avec tes phrases mille fois rembobinées, mille fois ressorties : on est toujours tout seul. Mille fois d’actualité. Et merde, j’ai encore raison. Je suis sur mon rocher, accrochée comme l’arapède, le sel me ronge, les embruns m’aveuglent, et j’ai raison. Avoir raison : le sel de la vie, la vaseline du cul. Allez, viens, viens, chéri, je t’emmène, je t’emmène dans notre maison, dans une église, viens ce ne sera pas facile mais viens. Et puis soudain, rien. Tu signes un bail avec ton seul nom et tu ranges ton alliance dans le tiroir. Viens, monte chéri, 100 euros la pipe, 300 l’amour. Je vais te faire la brouette conjuguale, le missionnaire de famille, la mère soumise, viens, toi, venez, tous les absents, tous les démissionnaires du monde, venez vous défroquez, et mettre vos couilles là où vos mères les ont mises pour que vous ayez aujourd’hui l’outrecuidance de bomber le torse, et de vous gargariser de principes et de devoirs que vous êtes incapables d’accomplir, de concevoir même, et encore si ce n’était que ça, incapables de reconnaître tout simplement votre incapacité, ce qui vous rendrait au moins attachants. Venez tas de fumiers, parfumez vous en Boss. Et que vos nanas aillent se faire mettre par d’autres bombeurs de torses. N’importe qui, n’importe lequel, pourvu qu’il soit silencieux, s’épargnant au moins d’avoir à assumer ses propos. Et encore j'aurai pu dire, d'avoir à tenir ses promesses, mais autant changer l'eau en vin. Ah, il paraît que c'est déjà fait, me dit-on.
12 septembre 2007
Ma commande au père Noël
Et allez, zou !
Chers amis et ennemis, je vous oublie, vous vous effacez progressivement dans le brouillard chimique de mon bulbe rachidien. Enfin ce qu'il en reste. Qu'y puis-je, hein ? Augmenter les doses médicamenteuses au risque d'irradier les âmes charitables qui me frôlent : mon boucher, mon boulanger. Pour rien au monde je ne mettrais la vie de mon boucher en danger.
Il fallait que ce soit dit.
04 septembre 2007
L'avis de Levy, special tribute
J'entends d'ici le persiflage, comme quoi Hug baisse, à supposer qu'elle se soit déjà élevée, qu'elle a la flemme de venir et d'aller, d'embrasser le clavier de ses mains rustiques, noueuses et veinées, et d'aller visiter les dernières âmes qui se rappellent encore à son bon souvenir.
C'est vrai. Primo, je crois que j'ai commencé ma période d'hivernage. Deuxio, je viens de me racheter le texte d'une pièce de Yasmina Reza. Tertio, je fais un début d'angine.
Ne vous plaignez pas, je vous fais un trois en un : leçon de psychanalyse, leçon d'anglais, leçon de vie. Vous avez vraiment de la chance de m'avoir.
Speciale dédicace.
TRANSLATION (soooooo pretty, i am) :
"Vous remarquerez qu’il y a dans ce que nous recherchons quand nous tombons amoureux, un étrange paradoxe. Le paradoxe réside dans le fait que lorsque nous tombons amoureux, nous essayons de retrouver un être, parfois plusieurs, auquel nous étions attachés dans l’enfance, et d’un autre côté nous attendons de l’être aimé qu’il redresse à lui seul tous les torts que jadis nos parents, nos frères et sœurs ont eu envers nous, de sorte que l’amour porte en lui cette contradiction : le besoin de revenir au passé et le besoin de réparer le passé."
Poil au nez.
30 août 2007
Danser pour ne pas mourir
Si vous voulez dire que je me fais pas chier en me contentant de poster
une vidéo, vous pouvez, je m'en fous à un point intersidéral qui
dépasse l'entendement du plus insignifiant bol de riz cantonnais.
La vie est longue, les gars, vous trouvez pas ?
http://fr.youtube.com/watch?v=YqoMDTF5ehk
25 août 2007
Question pour un champi(gn)on
Je suis un écrivain mort l'année où Huguette est née. Comme moi, elle cherche le sens de la vie dans les drogues et l'écriture, le talent en moins. De toute façon, il lui eut été difficile d'en déceler toute trace dans mes oeuvres, vu qu'elle n'a jamais dépassé la 10ème page de mon livre le plus connu around the world, et qui a été réédité, pour la ô combientienne fois, en Chine en 2000 sous la somptueuse couverture que voici, et qu'en son for intérieur elle m'envie :

JE SUIS ? JE SUIS ? JE SUIS ? JE SUIS ?...
Mort, héhéhéhéhé.
Ah, p'tain, j'allais oublier la musique, bande de petits veinards :
PS : Br'1, tes cours de chinois t'excluent ipso facto du jeu (j'attends la lettre de ton avocat).
19 août 2007
Change
AVANT

APRES

Dans toutes ces paroles prononcées à la va-vite, il y doit y avoir du vrai. Il y a toutes les illusions portées, ou plutôt celles qui nous portent, et c’est tant mieux. S’illusionner encore, c’est pouvoir encore rêver. S’illusionner trop, c’est refuser d’avancer, de casser les carcans archaïques. Parfois il y a trop de mots, trop d’idées, trop de savoir. Il a trop de fruits sur l’arbre de la connaissance, et trop de tentations. Il y a trop de fruits pourris aussi, et certains ne goûtent qu’à ceux-là. La faute à qui ? (complément d’objet indirect). La faute à quoi ? (complément d’objet direct).
Dans Matrix je crois que j’aurais choisi la pilule rouge. Celle de l’oubli, et peut-être au final celle du bonheur.
Ce qui est intéressant c’est d’avancer des théories, de proposer des solutions qui ne seront forcément qu’à la hauteur de ce que l’on connaît. Qui peut parler de la mort ? Qui peut parler des intentions, des doutes, des empêchements du voisin ? On ne peut parler que de l’irrépressible envie de tuer ce voisin. Pas plus. Ce n’est pas une question d’humilité, plutôt de curiosité.
Le besoin de se rassurer est parfois si prégnant qu’il nous fait avancer bardés de certitudes. Je n’aime pas les certitudes, je préfère les décisions. Les décisions seront toujours un pari, et présenteront toujours un risque. Les statues de sel ne prennent pas de risque. Peut-être que le but n’est pas de changer, mais seulement d’avoir moins mal, de tenir quoi.
Jo a pris un sacré virage aujourd’hui. Il a dit qu’il préférait définitement le Bourgogne. Ce à quoi j’adhère totalement. Il faut casser les systèmes (bis repetita). Patou, scientifique à ses heures pas perdues pour tout le monde, a viré de bord aussi. Après des années passées à ressasser le scénario de sa démission en vue de s’exiler dans une quelconque contrée exotique pour des raisons indépendantes de sa volonté à ne pas regarder les choses en face, il a décidé qu’il resterait à l’étage 4, dans le même immeuble où il se rend chaque matin, depuis 15 ans, sous les mêmes ordres hiérarchiques des mêmes têtes, bref qu’il ne changerait rien. C’est courageux. C’est une décision de changement dans le non changement. Je connais suffisamment les deux zigues pour savoir qu’il assumeront pleinement leurs nouvelles fonctions si l’on peut dire.
Moi, j’ai rien dit, vu que je les recevais dans ma nouvelle maison, et que sur le plan du changement l’environnement parlait de lui seul. Exit les explications et les prises de décision, puisque la vie avait décidé pour moi en quelque sorte, et moi j’avais décidé de dire ok, comme pour me donner l’impression que j’avais un peu le choix quand même, parce que faut pas déconner, alors que bon. Non, je savais que malgré leurs défauts respectifs (pour la liste va falloir fouiller dans les archives préhistoriques de ce blog), j’avais à faire à des gens responsables, et surtout résolument tournés vers la vie pour faire entrer autant de bouleversements dans les leurs.
Je suis heureuse de les retrouver : je est un nôtre. Et du coup, ça fait parfois un peu moins mal aux entournures. On a l’air plus fatigués en période de vacances. Jo a dit que c’était parce que les vendanges c’est en septembre, et qu’il faut pas aller plus vite que la musique. Ses raisonnements simples sont un pur bonheur, un repos de l’âme. Je vais enfin arrêter de tourner en rond comme une queue de cochon dans les méandres de mes hémisphères. A leur contact, les analyses sont plus simples parce qu’elles sont au plus près du corps. Elles ne s’encombrent guère d’informations tarabiscotées, de phrases alambiquées.
C’est l’homme qui tombe à pic au carré, car le blog avait pris un dangereux virage intimiste, il devenait lui-même un système fermé. Je ne vais plus être obligée de rester autour de la périphérie de mon nombril pour faire vivre ce blog. Il me suffit de les regarder vivre pour ne plus penser à moi. Et tout, à cette heure serait vraiment presque parfait s’il n’y avait pas autant de putains moustiques (puis-je grammaticalement accorder « putains » et « moustiques » ?). Ah si si, c’est un aussi adjectif. J’ai tout bon.









