TENIR !

SI TU VIS, CE BLOG EST POUR TOI !

19 août 2007

Change

AVANT

AVANT

APRES

APRES

Dans toutes ces paroles prononcées à la va-vite, il y doit y avoir du vrai. Il y a toutes les illusions portées, ou plutôt celles qui nous portent, et c’est tant mieux. S’illusionner encore, c’est pouvoir encore rêver. S’illusionner trop, c’est refuser d’avancer, de casser les carcans archaïques. Parfois il y a trop de mots, trop d’idées, trop de savoir. Il a trop de fruits sur l’arbre de la connaissance, et trop de tentations. Il y a trop de fruits pourris aussi, et certains ne goûtent qu’à ceux-là. La faute à qui ? (complément d’objet indirect). La faute à quoi ? (complément d’objet direct).

Dans Matrix je crois que j’aurais choisi la pilule rouge. Celle de l’oubli, et peut-être au final celle du bonheur.

Ce qui est intéressant c’est d’avancer des théories, de proposer des solutions qui ne seront forcément qu’à la hauteur de ce que l’on connaît. Qui peut parler de la mort ? Qui peut parler des intentions, des doutes, des empêchements du voisin ? On ne peut parler que de l’irrépressible envie de tuer ce voisin. Pas plus. Ce n’est pas une question d’humilité, plutôt de curiosité.

Le besoin de se rassurer est parfois si prégnant qu’il nous fait avancer bardés de certitudes. Je n’aime pas les certitudes, je préfère les décisions. Les décisions seront toujours un pari, et présenteront toujours un risque. Les statues de sel ne prennent pas de risque. Peut-être que le but n’est pas de changer, mais seulement d’avoir moins mal, de tenir quoi.

Jo a pris un sacré virage aujourd’hui. Il a dit qu’il préférait définitement le Bourgogne. Ce à quoi j’adhère totalement. Il faut casser les systèmes (bis repetita). Patou, scientifique à ses heures pas perdues pour tout le monde, a viré de bord aussi. Après des années passées à ressasser le scénario de sa démission en vue de s’exiler dans une quelconque contrée exotique pour des raisons indépendantes de sa volonté à ne pas regarder les choses en face, il a décidé qu’il resterait à l’étage 4, dans le même immeuble où il se rend chaque matin, depuis 15 ans, sous les mêmes ordres hiérarchiques des mêmes têtes, bref qu’il ne changerait rien. C’est courageux. C’est une décision de changement dans le non changement. Je connais suffisamment les deux zigues pour savoir qu’il assumeront pleinement leurs nouvelles fonctions si l’on peut dire.


Moi, j’ai rien dit, vu que je les recevais dans ma nouvelle maison, et que sur le plan du changement l’environnement parlait de lui seul. Exit les explications et les prises de décision, puisque la vie avait décidé pour moi en quelque sorte, et moi j’avais décidé de dire ok, comme pour me donner l’impression que j’avais un peu le choix quand même, parce que faut pas déconner, alors que bon. Non, je savais que malgré leurs défauts respectifs (pour la liste va falloir fouiller dans les archives préhistoriques de ce blog), j’avais à faire à des gens responsables, et surtout résolument tournés vers la vie pour faire entrer autant de bouleversements dans les leurs.

Je suis heureuse de les retrouver : je est un nôtre. Et du coup, ça fait parfois un peu moins mal aux entournures. On a l’air plus fatigués en période de vacances. Jo a dit que c’était parce que les vendanges c’est en septembre, et qu’il faut pas aller plus vite que la musique. Ses raisonnements simples sont un pur bonheur, un repos de l’âme. Je vais enfin arrêter de tourner en rond comme une queue de cochon dans les méandres de mes hémisphères. A leur contact, les analyses sont plus simples parce qu’elles sont au plus près du corps. Elles ne s’encombrent guère d’informations tarabiscotées, de phrases alambiquées.

C’est l’homme qui tombe à pic au carré, car le blog avait pris un dangereux virage intimiste, il devenait lui-même un système fermé. Je ne vais plus être obligée de rester autour de la périphérie de mon nombril pour faire vivre ce blog. Il me suffit de les regarder vivre pour ne plus penser à moi. Et tout, à cette heure serait vraiment presque parfait s’il n’y avait pas autant de putains moustiques (puis-je grammaticalement accorder « putains » et « moustiques » ?). Ah si si, c’est un aussi adjectif. J’ai tout bon.


Posté par Huguette à 03:13 - Commentaires [15] - Permalien [#]

Commentaires

- Pourquoi ai je une vision si pessimiste de la vie ?
- Tu dois regarder les montagnes (blablabla) le soleil la mer et les accordéons (blabli) sinon tu te diras que tu as gâché les plus belles heures
- Oui mais, comment faire ?
- Etre un peu con.

Yasmina (avec un peu moi )

Bon et l'idee du pari, oui, mais faut juste (s)toper là.
Fuck the mosquitos.

Posté par Abs, 19 août 2007 à 08:25

Putain, Abs s'est transformée en Hug à son contact. Dis la vérité : elle t'a mordue dans le cou après mon départ, c'est ça hein?

Posté par Almeria, 19 août 2007 à 11:06

Heu non , c'est du Yasmina Reza, Alm.
(offert par Hug, certes, mais pas pour rien, non ?)

Posté par Abs, 19 août 2007 à 11:20

Draculyasmina

Abs et Joon > elle a lu Yasmina Reza, et pas n'i!mporte lequel encore. C'est un morceau que je préfère, que j'avais d'aillleurs déjà rapporté. Tu le lis une fois ce bouquin, ta vie n'est plus jamais la même, elle est pire, mais tu rigoles plus souvent.
Je me souviens de ce passage avec les italiens de Chandolin qui étaient cons, heureux mais cons. Non pardon, cons mais heureux. Les italiens ne faisiant pas exprès de l'être. Etre volontairement con ne s'adresse qu'aux gens véritablement désespérés.

Je me réveille là.
Je vais te l'offrir Joon, t'as vu c'estl a première fois que je t'appelle Joon ? J'ai pas l'habitude encore. Bon alors après, un bon cioran, après on commande trois fusils sur un site américain, et on commence notre thérapie.

Posté par huguette, 19 août 2007 à 11:27

Le titre ?

"Tu le lis une fois ce bouquin, ta vie n'est plus jamais la même, elle est pire, mais tu rigoles plus souvent. "
De quel livre de Yasmina Reza s'agit-il ?
Merci
Des bises

Posté par Reuveu, 19 août 2007 à 22:28

Le titre

Reuveu > une désolation. Rien que le titre est à mourir de rire.

Posté par huguette, 20 août 2007 à 10:43

Alors j'ai ri.
PArce que j'aurais inversé avant/après moi.
Et aussi j'ai vraiment aimé me replonger dans les anékatrevin de cette façon, avec la saloperie ambiante qu'on ne voyait pas quand on avait 15 ans, des comédons plein la face et du Nutella sous le lit.
Des bizettes

Posté par Mélina LOUPIA, 20 août 2007 à 11:29

dans ton avant dernier paragraphe tu écris " je suis heureuse.." et même un peu plus loin, je cite: "un pur bonheur, un repos de l'âme." Si si, tu peux vérifier. ça ressemble à un double effet Almeria/Abs, mais comme tout n'est pas très clair, j'hésite à me réjouir.

Posté par donydami, 20 août 2007 à 23:42

Stop.

Sors de ma tête maintenant...

(note à moi-même: prendre la pilule rouge)

Posté par dis_ngaged, 21 août 2007 à 21:23

La femme piège.

Posté par Fishturn, 22 août 2007 à 06:28

Décollage imminent

Gagné un trousseau d'heures à te lire, laissé échapper l'équivalent à "travailler".
Sourires.

Je suis en mode >> affichage >> Taille du texte >> Plus Grande. (Et une cafetière)
Huguette, tu es un sacrément bon activateur de paupières.

J'ai entendu ton vrombrissement hier, dans la rue.
C'était un joli bruit.

**

Posté par lu, 23 août 2007 à 13:57

Ptet

j'aurais choisi la pilule rouge aussi...
biz

Posté par Freefounette, 23 août 2007 à 14:16

ce soir je me couche tôt, parce j'ai passé la semaine la tête dans le cul, alors que je déteste le yoga

Mélina > y avait pas de saloperie ambiante dans les années 80. Y avait peut-être du nutella sous le lit, et des chambres qui puaient l'étreinte mono-orgasmique (éventuellement la chaussette sale ou la culotte sale pour les plus gores).

Donydami > c'est vrai tu as raison. Mais pour le coup, c'est moi qui ne trouve pas la force de m'en ré-jouir. Et puis tu vas pas nous faire celui qui sait pas : les plus désespérés sont les plus sensuels et les plus rigolards. Faut bien oublier l'odeur de la boite en sapin.

Dis > que quoi sorte de ta tête ? Tears for fears ? ça mon gars, c'est mission impossible. ça coule dans tes veines. Pour la pilule rouge, mets-en deux.

Fishturn > j'ai pas compris. Pourquoi la femme piège ? la femme prise au piège, ça oui. Faut pas oublier que je n'étais qu'un heureux gaz avant de choir dans un nom. J'ai rien demandé à personne, moi.

Lu > aaaaaaah lu, tu sais qu'en rentrant de chez notre ami commun et à 4 heures du matin, je suis retournée sur tous les sites que j'avais consciencieusement notés dans mon agenda. Je dodelenais de la tête, je battais la mesure du pied droit sous la couette, et tout à l'heure j'ai réécouté "be mine" en arrosant mes plantes. Dans le genre activateur d'oreilles, tu te poses bien là. Je voudrais mette en lien les sites vus hier. Le puis-je ou me colleras tu un procès au cul ?

Founette > en fait tout le monde dit qu'il aurait choisi pareil. En fait, on a déjà tous choisi la pilule rouge. C'est du 12°.

Posté par huguette, 23 août 2007 à 23:05

Because L'histoire des petites pilules pour oublier. Pour moi ca renvoie plus à "La femme piège" de Bilal, que Matrix, et de plus c'est antérieur. Et puis le reste du texte aussi, ça me rappele les textes de la femme piège en voix off.

oilà.

Posté par Fishturn, 25 août 2007 à 03:54

Un mosquito, c'est très très con, puisque ça frappe la tête la première.

(...que j'aime vos mots !)

Posté par charitixx, 25 août 2007 à 18:51

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