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22 octobre 2009

Le sport abîme mon corps (de naïade playboyenne)

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Bon, cette fois-ci vous n’en aurez pas pour votre argent. Où est l’oseille d’abord ?

En vérité je vous le dis, propres, purs, immaculés, sans tâche, et pour ainsi dire sans auréole, c’est ainsi que nous avons été depuis nos dernières frasques éthérées. Nous, qui ne savons avancer un pas, vivre une seule nanoseconde sans mettre un coton entre la vie et nous, nous ne sommes même pas sortis des clous depuis le 2 octobre dernier. Autant dire depuis le paléolithique.

Je dois vous le dire tout de suite, car cela me pèse, Jo et Patou m’ont offert pour mon anniversaire un tapis de course électrique. Bon. Vous voyez le machin, un genre d’escalator à plat, si grand que je ne peux le ranger nulle part et du coup qui trône dans le salon. Me bouffe la moitié du salon. Bon, ok, moi je veux bien commencer à boire 1 litre et demi d’eau par jour (PAR JOUR !!! rends-toi compte), et courir trois fois par semaine (3/7 !!! bis repetita). C’est un signe d’amitié d’avoir pu penser que je pouvais changer. Un signe d’amitié trop FORT. J’ai couru 6 fois depuis : si tu ne vois pas le record, je m’en charge. Je bois un litre et demi d’eau par jour, jusqu’à 19 heures. A partir de 19 h, je rattaque le goulot en vertu d’une tremblante du mouton chronique que je me dois de calmer afin d’envisager une nuit à peu près tranquille. C’est pas pire que l’éther. Rien n’est pire que l’éther. Même pas les rots. Enfin, tu m’as comprise.

Ils avaient capté mes clefs sous un fallacieux prétexte, pour monter le bouzin dans mon living room, et le soir après être rentrée du boulot, ils m’ont fait le coup de tadaammmmmmm ! surpriiiiiiiiiiiiiiiiise !

Je n’ai pas trouvé la force de m’en réjouir.

Mes 30 ans sont passés comme un suppo, mes 40 m’ont fait un polype au cul. C’est comme ça. Ce mois-ci j’ai rencart chez la dentiste, la dermato, le gastroentérologue, le proctologue, le rééducateur (mon dos me rappelle que j'ai 98 ans alors que mon extrait de naissance dit que j’en ai 40).

Je peux oublier tout ça avec l’alcool, la coke, l’héro, l’opium, les bubus, ouais un peu d’éther, mais merde, pas avec un tapis de course.

Je fais quoi ? je cours en fixant un point blanc sur ma tapisserie blanche pendant 30 minutes. J’ai d’abord mis toute la colère dans mes jambes, puis tous mes mots, le renoncement, le défi. D’un coup, va savoir pourquoi, j’ai pensé à la naine de Dallas et à ses lycras, à la piscine de Southfork profonde d’un mètre vingt pour qu’elle ait pied partout. J’ai dû prendre deux Xanax en urgence.

Les deux zigues débarquent hier soir, je leur explique tel quel. Je suis folle, névrosée, inconsciente, irresponsable, ingrate, ce que vous voulez, mais pitié, j’ai l’impression d’être la bâtarde de la naine et de forrest gump, Jo fais-moi un trait.

Il sort les keps et on allume la téloche.

Nouvelle émission. Générique : guitare sèche et piano larmoyant qui te font passer Pat Metheny pour les maîtres de Black Sabbath. Dans un flottement graphique incertain apparaissent deux mots : comprendre et pardonner. Je te la fais rapide : dans des fondus et des arrêts sur images pas possibles, des histoires de couples, de trahisons, sont ponctuées par des séances chez la psy : brune, chemisier rouge, un masque de compréhension 52 et le «mmmmmm » qui va bien. La pauvre histoire se poursuit, 20 minutes durant, rupture, licenciement, scènes de ménage, séance chez la psy qui dit : « encore plus que votre femme ; c’est vous que vous faites souffrir Gilles ». Rhôôôôôôôôôôô, bravo docteur, quelle épée !

Je n’écoute plus la télé, je regarde ce tapis de course, qui, je le sais aujourd’hui, restera dans mon salon. Sauf que…

- Jo, t’as combien de keps sur toi ?

- 6 grammes

- Patou, t’es chargé ?

- 4 grammes, une boulette d’opium.

- Filez-moi vos keps, je nous ai trouvé un nouveau jeu.

Je verse tous les keps sur le tapis de course sous leurs yeux à peine ébahis, z'ont l'habitude. Je nous rassemble tout ça en une longue et fine ligne, bien travaillée.

      - Chers amis, les olympiades de la nasole sont ouvertes, nous saurons dans quelques instants qui peut sniffer à 3 km / h pour commencer. Vous noterez qu'un petit sachet situé en bout de course, récupèrera le produit que vos narines pourtant avides, auront laissé s'échapper. En piste !

On eût dit Intervilles.  Croyez-le si vous voulez, mais tout est question de concentration, expiration, inspiration. Du sport quoi !

 

 

Posté par Huguette à 02:01 - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

Troublante chronique

Un tapis de course dans le living ! Difficile de faire passer ça pour une sculpture hyper-réaliste. Elle est belle et rare l'amitié qui résiste à un tel coup q:) !

Posté par Saoulfifre, 22 octobre 2009 à 08:35

laissez le nez faire titi...

c'est vrai qu'il faut du nez pour ce genre d'exercice et malgré la taille de mes évents, la chute je ne l'ai pas sentie venir...je me gondole comme un cachalot qui vient de découvrir l'usage des naseaux qu'il n'a pas....de là à ce que la naïade devienne baleine ya encore quelques kilomètres à renifler...mais j'ai de l'espoir:)))

1l et demi d'eau par jour!!!...l'océan n'est pas loin

t'es toujours aussi délicieuse à lire

Posté par kb, 23 octobre 2009 à 14:25

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