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24 juin 2008

Eteindre le feu

les_chinois_sont_equipes_en_cas_d_incendies_pour_les_joBon on aurait pu la jouer plus sagement cette soirée, enfin je dis « on », je devrais dire « eux », car en ce qui me concerne mes poulets, j’ai une vie quasi monacale.
La question est la suivante : avoir (des amis) ou ne pas (en) avoir. Jo tient quand même plus la route que Patou qui n’est bon qu’à ramasser à la petite cuillère en ce moment. On ne joue pas impunément avec les produits toxiques de son voisin surtout si c’est pour penser à l’éliminer, ou alors on le fait de façon plus…tactique, c’est à dire de manière à ne pas se faire toper, minimum.

Du coup, j’ai ouvert un compte sur Facebook, pas la peine de chercher Huguette, à la CIA, on m’a appris à me cacher savamment, surtout en affichant plein pot une photo de ma poire, ce qui comme chacun sait, aide à se fondre dans le paysage.
Je ne cherche pas d’autres amis, puisque Jo et Patou sont le concentré de ce qui se fait de pire et de meilleur à la fois, et le fade lasse vite, mais il est toujours intéressant de voir que l’herbe n’est pas aussi verte ailleurs. Pascal disait que le bonheur c’est continuer à désirer ce que l’on a déjà.

Et franchement avec les deux zigotos qui crèchent chez moi, ces deux polytoxicomanes en phase terminale (je suis une enfant de chœur à côté), doublés d’un penchant alcoolique, dépressif, parfois violent, flanqués d’une vie tellement absurbe que j’en perds mon latin, ce qui n’augure rien de bon car je suis à peu près la seule à pouvoir exorciser ces corps hantés par la vie, et bien donc j’ai besoin de savoir que je les désire encore, parce que là, si je m’écoutais je jetterais le grille-pain dans la baignoire où Patou patauge comme un vieux crouton de bouillabaisse, et je maintiendrais fermement l’oreiller au-dessus du visage de Jo qui roupille comme le premier juste du monde. Zé-ro culpabilité.

Je vais aller chercher les croissants.

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23 juin 2008

3 pizzas achetées, 1 offerte

400_F_6011005_Y0XDbZdiGK8grhr4UI2rSsV9A6uUsPMGJe disais donc qu’on n’avait pas hâte d’être à demain et je déteste avoir raison.

Je n’ai quasiment pas dormi, Jo m’a réveillée alors que je bavais sereinement sur l’oreiller depuis à peine une heure. L’auréole n’avait pas atteint 2 cm, qu’il me secouait déjà comme un prunier, affolé qu’il était, car Patou voulait mettre fin à ses jours.
Pour l’heure, il ne parvenait qu’à dégobiller ses tripes sur mon canard WC.
Et pour cause, douze pots tout neufs d’un « mélange équilibré de différents types de crevettes, insectes aquatiques et de sticks séchés ».

Ce couillon, sous le coup d’une violente prise de conscience qui l'avait projeté conjointement dans l’indigence de son existence et dans la cuvette, affamait ma tortue et repeignait mes chiottes. Armée de la brosse ad hoc, je m’apprêtais donc, comme tout être sain de corps et d’esprit, à lui exploser la carapace en commençant par l’exploration abrupte de son fondement. Jo stoppa mon bras vengeur en me rappelant qu’il risquait quand même quelques années de prison (cf. billet précédent) et qu’il pouvait être légitiment déprimé.

Je suis revenue dans le salon et j’ai compté : 4 bouteilles de rouge, 1 de limoncello, 1 de vodka mandarine. Mon cd de Massive Attack a été sévèrement attaqué par les quelques grammes de coke qu’ils ont dû méticuleusement piler pour essayer de débourrer : trois verres, trois traits, trois verres, quatre traits, un verre deux traits, bref une ribambelle de tranches napolitaines. Je retrouve le cadavre d’une plaquette de Xanax : le sabre d’un Patou affrontant courageusement ses angoisses, pour se finir à la bouffe pour tortue. Im-pé-rial. Un gladiateur des temps modernes.
Jo n’en mène pas large non plus, et je ne parviens pas à savoir si c’est par désoeuvrement ou par compassion qu’il arrache une à une les pages du code pénal et les lui tend en guise de saupalin.

Je vais m’allumer une clope. 

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22 juin 2008

Casque obligatoire

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Hé ho ! ouh ouh ! je ne sais pas si quelqu’un m’entend, et j’aurais de toute façon du mal à le savoir vu que j’ai zigouillé les commentaires. C’est l’humeur du moment, le zigouillage. La faute à Patou qui crèche chez moi depuis trois jours : une petite baisse de régime consécutive à une mise à pied (son renvoi est en pourparlers). Le motif reste mystérieux, pour ses supérieurs en tout cas. Jo et moi, on connaît la vérité. Et voilà, on con-nait-la-vé-ri-té.

Putain, c’qui fait chaud ce soir. Les moustiques attaquent en kamikaze.

Je vous fais un léger retour arrière pour les séniles de la dernière heure, de ceux que j’ai dû connaître dans le temps, avant que… avant que quoi d’ailleurs ?

Patou, donc, biochimiste moléculaire au CNRS de Marseille est mis à pied (je répète pour ceux du fond). Il aurait PAR MEGARDE et de façon dirons nous tout à fait fortuite, enduit la paire de gants latex de son collaborateur d’un produit toxique, qui aurait alors déclenché une petite couperose violacée de rien du tout, mais bien visible quand même car située en pleine poire, ainsi que de violentes diarrhées, seulement détectables à l’odorat, ce qui ne les rend guère délectables. La hiérarchie recherche pour l’instant s’il s’agit d’une simple erreur ou d’un acte prémédité. Enduire l’intérieur de gants latex d’un produit quelconque me paraît déjà délicat, et demande patience et minutie. S’acquitter de cette tâche par erreur me paraît digne d’un scénario lucbessonesque.
Patou n’a pas tardé à lâché le morceau : « je suis victime de mon insubordination, je n’aime pas qu’on me chie dans les bottes ».
Je ne reviendrai pas sur le conflit qui oppose Patou à son collaborateur, car vous risqueriez de me coller un procès pour incitation à l’ennui.

Jo (l’avocat bodybuildé, vous rappelez ?) dit que si l’intention de nuire est reconnue,  faudra jouer du lasso au pénal.
Bref, je les ai ici tous les trois : Jo m’explique comment changer l’arbre à came de ma bécane, tout en récitant à Patou les peines d’emprisonnement qu’il risque, et détaille les fourchettes d’amendes à payer. Patou s’est rongé tous les ongles, en demandant pardon à son collaborateur de l’avoir totalement raté , il aurait aimé lui dire sur sa tombe qu’enculé il avait été, poussière d’enculé il était à présent, amen.
Heureusement, le Stilnox commence à faire effet, je vais l’arroser d’un coup de limoncello, faut speeder, Morphée à l’air d’avoir salement les boules aujourd’hui. On comprend tous, c'est une sale journée, et j'ai pas hâte d'être à demain.

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21 avril 2008

Il faut savoir trancher

Y a des ambiances qui se dessinent. Des relations qui se distendent. Des décades qui s'effilochent. La 2ème voix dans ma tête me dit "fais moi me rappeler de te dire un truc, non mais autant que je te le dise sans ambages, tu te la pètes plus haut que ton cul".
Hé les gars, je ne sais pas si vous avez vu le niveau moyen, mais la taille basse n'a jamais porté aussi bien son nom.
Tous les gens mettent des "s" à leurs impératifs de 1er groupe ou te font des accords de participes passés à l'emporte pièce. Y a pu d'règles. Fais moi un trait faut que je réfléchisse. Y a plus d'amitié surtout.
C'est l'anniversaire de la mort d'un amour : Desproges.
J'ai beau cherché autour de moi si je pouvais m'en coller un autre au panthéon de la table de nuit, au creux de mes mains, au tréfonds de ma caboche, j'ai cherché parmi les morts, cherché parmi les vivants, saint antoine de padoue vous qui retrouvez tout, trouvez moi un de notre époque comptant pour rienne, un avec des mots auxquels je pourrais m'accrocher , mais rien à faire c'est Pierre qui tient le haut du pavé, le pompom, la queue du Mickey.
Ah ouais, j'avais trouvé Yasmina Reza, tout lu, tout, sauf qu'on m'a dit pas touche pas touche, parce que tu trouves pas toi que le bouquin du sarko, blablabli, et toi tu trouves pas que tu devrais la fermer ta grande gueule. Et ouais t'as raison, mais comme c'est toi qui le dis, alors t'as tort. C'est comme ça. Je l'achèterai pas son con de bouquin, mais t'es con. Les cons n'ont pas voix au chapitre, même quand ils se contentent d'ânonner quelques bribes de bon sens. Le monde n'est qu'un perroquet géant. Moi au fond, j'ai pas changé, ce sont les mots qui sont plus durs, mais je sais les rendre aussi doux que possible, je suis sûre d'être bonne en dir de com d'un politique. Je sais manier le sentiment vois-tu.  Et les autres derrière qui me demandent ce que je fous, mes amis, à moi, de longtemps, ils me posent encore la question. Je suis déçue, profondément déçue, laminée par le fond, par cette tryptique solitude.
- Jo ?
- ouais, kessya ?
- patou ?
- humm ?
- Vous êtes mes amis oui ou merde ?... c'est quoi ce bordel ?
- c'est des pieds de porcs sauce ravigote, y a l'onglet aux échalottes qui suit.

 

Y a des médecins qui te prescrivent du Prozac et t'as des amis couillons qui te font des pieds de porcs. Pour noyer l'insupportable et tranquille certitude que j'ai de l'inopportunité de la vie (Pierre for ever), que crûtes-vous que je fisse ?
Ahlalalala, quel dommage, quel sort s'acharne sur nous, la vie a décidé de cuter les commentaires. Non, mais vraiment on vit dans un monde de porcs.

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11 mars 2008

Fumet

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Ce soir y avait comme un léger relent dans le salon. J'ai ôté mes baskets avec des grâces de danseuse étoile, en dégageant chaque talon de l'autre pied. Pour voir. Y a quand même des trucs sur le plan de l'odorat qui ne méritent pas d'être vécus, ou alors c'est qu'on a vraiment un mauvais karma. Mais c'était pas cette odeur-là, et en plus côté karma, je suis désolée de ne pas combler vos penchants ParisMatchesques, tout se tient vraiment tranquille depuis un bon bout. J'ai suspecté Patou qui ronflait la bouche ouverte, puis les poches arrières du jean de Jo qui venaient de s'exprimer dans un vague bruit de grincement de porte. Deux bouteilles vides de Côtes du Rhône hérissaient la table : on baisse, c'est pas beau de vieillir. Mais putain, d'où vient cette odeur si elle vient pas des chaussettes ? Et si elle ne vient pas du dedans des chaussettes, c'est peut-être qu'elle vient du dedans du dedans des chaussettes, mais plus haut (cadrage en buste).

Je déroule le fil, comme quand j'ai perdu quelque chose, sur le principe de : alors la dernière fois que tu l'as vu (je me dis tu, c'est plus simple), c'était en remontant les escaliers en revenant de chez la cave à vins, et tu l'as posé sur le bureau en bois avant d'aller pisser, donc ça devrait se trouver sur le b... ah ben ça y est pas.
Je suis absolument émerveillée par la capacité que nous avons à reconstruire dans d'infinis détails des situations qui n'ont jamais eu lieu : "je me revois le poser là", ahahahaahahahahahahahahhaahhahaha. Ha.
Je déroule le fil de l'odeur pour voir d'où ça pourrait venir.

Bon sang ! (tapage de cuisses), je suis venue voir le cadavre de ce blog que j'ai mis sous respiration artificielle.
Parfois y en a qui restent dix ans dans le coma et pof y se réveillent : "mais ce n'est pas possible que vous soyez ma femme !!!, si si, ah mais non, ah mais si, ah bon enchanté je m'appelle Jean-Louis vous êtes sûre que ?" (bruyante déglutition de Jean-Louis).

Ca m'a pris quoi ? 3/10ème de seconde. Juste assez pour laisser planer cette odeur de "pas fini" quand j'ai voulu passer à autre chose. J'ai lu le message de Br'1. Et puis y a Sandy qu'a demandé : blog écrire quand tu ?
J'ai pris le Sancerre finalement.

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08 mars 2008

Paperblog

Je valide l’inscription de ce blog au service Paperblog sous le pseudo Huguette.

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11 janvier 2008

Tralalère

C'est juste pour changer la gueule du dernier billet.

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29 octobre 2007

Je m'arrête ici pour l'instant

Je vais pas discourir trop longtemps. Vous savez bien que rares sont les arrêts intempestifs causés par les kilos de bonheur que nous envoie quotidiennement l'aide humanitaire pour guérir nos petits maux occidentaux. Est-ce que cette phrase veut vraiment dire quelque chose ?
Je viens vous dire au revoir. Je fais mon Charles Aznavourian, et 'tant dans trois semaines, je ne peux plus me contenir,  je reviens sur le devant de la scène, celui où les lattes du plancher sont instables, pour chanter la douleur de vivre, qui se donne vraiment du mal en ce moment celle-là, devant trois pelés et deux tondus. Poil au.
Mon horloge biologique est passée à l'heure d'hiver de l'Alaska : je ne dors plus, même avec les jolies piles de cachets que j'empile dans le gosier. Le toubib se gratte la tête, moi je serre les dents. Des histoires d'impôts et de divorce noircissent mon âme et mon agenda.  Défaire, délier, ce que ce Père, en une église, avait pourtant bien attaché. Me semblait-il.
J'ai plus les mots là. Non, vraiment j'ai plus les mots. Du coup, je vous montre mon profil, et je vais voir ailleurs si j'y suis.

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02 octobre 2007

En(d)ragée

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Je ne me souviens plus de rien. Ou alors de tout, ce qui revient au même puisqu’il ne reste rien. Rien que la folie de quelqu’un qui perd tout, et pour une fois ce n’est pas moi, mais je mange quand même en qualité de dommage collatéral.
J’avais cru que. Jusque là, il n’est dit nulle part, dans aucune philosophie, aucune texte religieux, que croire est un péché. Croire au veau d’or peut-être. Mais c’était pas un veau, bien qu’il soit en or. Plaqué or. Tu cherches le deuxième poinçon, y en a pas. Tu tapotes un peu, et là où tu croyais trouver du dur, ça sonne creux.
Tu reviens en arrière avec tes phrases mille fois rembobinées, mille fois ressorties : on est toujours tout seul. Mille fois d’actualité. Et merde, j’ai encore raison. Je suis sur mon rocher, accrochée comme l’arapède, le sel me ronge, les embruns m’aveuglent, et j’ai raison. Avoir raison : le sel de la vie, la vaseline du cul. Allez, viens, viens, chéri, je t’emmène, je t’emmène dans notre maison, dans une église, viens ce ne sera pas facile mais viens. Et puis soudain, rien. Tu signes un bail avec ton seul nom et tu ranges ton alliance dans le tiroir. Viens, monte chéri, 100 euros la pipe, 300 l’amour. Je vais te faire la brouette conjuguale, le missionnaire de famille, la mère soumise, viens, toi, venez, tous les absents, tous les démissionnaires du monde, venez vous défroquez, et mettre vos couilles là où vos mères les ont mises pour que vous ayez aujourd’hui l’outrecuidance de bomber le torse, et de vous gargariser de principes et de devoirs que vous êtes incapables d’accomplir, de concevoir même, et encore si ce n’était que ça, incapables de reconnaître tout simplement votre incapacité, ce qui vous rendrait au moins attachants. Venez tas de fumiers, parfumez vous en Boss. Et que vos nanas aillent se faire mettre par d’autres bombeurs de torses. N’importe qui, n’importe lequel, pourvu qu’il soit silencieux, s’épargnant au moins d’avoir à assumer ses propos. Et encore j'aurai pu dire, d'avoir à tenir ses promesses, mais autant changer l'eau en vin. Ah, il paraît que c'est déjà fait, me dit-on.


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12 septembre 2007

Ma commande au père Noël

Et allez, zou !

Chers amis et ennemis, je vous oublie, vous vous effacez progressivement dans le brouillard chimique de mon bulbe rachidien. Enfin ce qu'il en reste. Qu'y puis-je, hein ? Augmenter les doses médicamenteuses au risque d'irradier les âmes charitables qui me frôlent : mon boucher, mon boulanger. Pour rien au monde je ne mettrais la vie de mon boucher en danger.
Il fallait que ce soit dit.

filet

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