TENIR !

SI TU VIS, CE BLOG EST POUR TOI !

28 mai 2007

Morceau de l'été vieux de l'an pèbre

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ça fait trois fois que je recommence le texte, alors merde,c'est le morceau de l'été poussiéreux. Que ceux sur qui ça ne marchent pas, mécrivent.

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23 mai 2007

Salade à l'aïe

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Ce soir, une violente poussée d’indépendance célibataire m’a poussée jusqu’à l’adresse d’un bouge marseillais, bien connu de mes papilles et de mon porte monnaie, pour me vautrer dans une salade à l’ail (je devrais dire de l’ail à la salade), accompagnée d’une modeste mais honnête omelette aux champignons, pointalaligne.

Compte tenu d’une récente prise de sang qui décelait la présence de sang dans l’alcool, je commandais, dans un souci de santé mentale évident, trois pichets d’un vague rouge, pour tenter de faire disparaître toute trace d’hémoglobine qui la fout mal chez une personne de mon rang ; la radio étant en revanche calée sur une fréquence digne de mon âge, puisque je chantais TOUTES les paroles de TOUTES les chansons (timidement au début du repas, puis en secouant finalement la tête comme me l’a appris Steevie Wonder à l’after du festival de Cannes 89).
Quand soudain, j'entends cette chanson de Cabrel, dont je vous retranscris un couplet :

"…Dis toi qu’il est de l’autre côté du pôle
Dis toi surtout qu’il ne reviendra pas
Et ça fait marrer les oiseaux qui s’envolent" (écho dans la montagne : les oiseaux qui s’envolent…).

J’essaie de la chanter depuis trois quarts d’heure, mais quand j’arrive à « oiseaux qui s’envolent » une crise de fou rire inextinguible s’empare de mon être aviné et couperosé de frais. Du coup, rien.
Ah lala, qu’est-ce qu’on s’marre.


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16 mai 2007

Le soleil vient de se lever, encore une belle journée

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Avis aux membres de l’Ordre International des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence : ce n’est pas parce que ce blog est un chemin de croix qu’il faut venir me souffler dans la cornette.
Dieu, qui dans sa très grande miséricorde m’a donné le foie (ainsi que le bramait une mamelue peroxydée ex cathodique, convaincue que l’Eucharistie se prenait par le nez), Dieu donc, en m’offrant un bon beau foie bivalve et bien béton, fut pour ma part pour le moins généreux. On peut donc en déduire qu’il fut « pour » d’emblée. Et que quelqu’un, a fiortiori quelqu’un « de la haute », fut « pour » ma venue sur cette terre, me laisse esbaudie comme deux ronds de flan, quand on sait que j’ai seulement besoin de quelqu’un qui soit CONTRE. Tout contre.

On sent tout de suite, en étant dans mes baskets Nike (je vous emmerde), combien l’œil gauche du Père Se rit de Se voir si beau en ce miroir, pendant que le droit surveille par le judas si Ses marionnettes se cassent bien la gueule comme il est dit dans l’scénario, gros plan de toi sur ton berceau, et que Sa main droite S’active dans un tremblement parkinsonien inévaluable sur l’échelle de Richter.

Père est d’un genre très pronominal. Et je dirais même essentiellement pronominal, ce qui l’accorde systématiquement avec l’être en tant que sujet. S’il eût été occasionnellement pronominal, il n’y aurait que participé en tant qu’objet. A supposer que ce dernier fût direct.
Ce qui nous amène à répondre à une question essentielle : non, Dieu ne peut être complément d’objet indirect.
En effet, on ne dit pas : DE QUI dépendons-nous, mais QUI nous casse les couilles ? on ne dit pas : A QUI devons-nous des explications, mais QUI nous doit des comptes ? on ne dit pas, mais pourquoi tu me quittes, mais saint glinglin prends pitié de nous.
Mais Dieu dit que la grammaire a le dernier mot.
Je réponds : ne me quitte pas, je t’inventerai des mots insensés que tu comprendras.
Mais Dieu dit qu’en vertu des pouvoirs qui lui sont conférés, il ne peut rien.

Heureusement que vous pouvez compter sur moi pour vous ouvrir les portes du paradis. Je n'écris pas les paroles, sinon je ne vous donne pas jusqu'à la fin du morceau pour vous autosaigner à blanc :

La bonne nouvelle de la semaine : 4 minutes et 12 secondes pour remplir ma déclaration d’impôts. Balaise non ?

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06 mai 2007

Eternal sunshine of the spotless mind

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Impossible de me souvenir si j'ai déjà posté cette photo. C'était dans le métro à nouilleyork. Je regarde ce type, je me dis qu'il est plus à plaindre que moi, alors que si ça se trouve il transporte dans son sac un saucisson d'âne bien sec, une coppa du maquis, du brucciu, et un petit côte de brouilly 2003 à peine frais.
Tant, il a même une femme qui l'attend. Mais quel enfoiré ce type !

Avez-vous déjà entendu paroles plus justes ? Moi pas.

J'ai pas encore répondu aux précédents messages, pardonnez moi c'est trop la fête en ce moment, je peux pas m'arrêter de danser avec les loups.

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03 mai 2007

IN VINO VERITAS

SO LONELY

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Il y a les gens qui connaissent la réalité du « sans filet ». Des gens qui, s’ils perdaient 100 ou 200 euros par mois, se retrouveraient vite avec une ou deux factures de retard. Ou rogneraient sur leur loyer. Il y a des gens qui seraient dans une merde noire si leur moto venaient à les lâcher, par exemple au moment où ils font des règles de trois pas possibles pour essayer de remplir un frigo ou payer la cantine. Et quand on a un budget aussi serré que le mien, les régles de trois deviennent des règles de vie.
Par la force des choses.
Sans moto, impossible de gagner les trois francs six sous d’un second boulot. En faisant la légendaire balance débit / crédit, il me reste maxi 200 euros par mois pour bouffer et le reste, s’il existe un reste.
Y a des gens qui viennent me parler d’achat de maison. A moi. Tu vois ma gueule et ma bécane et tu comprends que le seul truc que je lèguerai à ma descendance c’est un courant d’air, et encore bien contente de m’être battue pour ne pas lui laisser de dettes. Surtout en ce moment.
Avec un peu de chances, en mettant à gauche (c’est les élections ou merde ?), je pourrai m’acheter une concession à Saint Pierre, et ce sera le seul investissement dans la pierre de ma vie pour ma mort, et aussi parce que j’aime bien les rituels et tout ça.
Puis il y a les gens à qui il ne peut JAMAIS rien arriver. JA-MAIS. Je dis simplement qu’au niveau de la sensation de danger, d’occupation d’esprit, de crainte le soir sur l’oreiller, d’heures de sommeil ou de projet d’avenir, il y a une légère différence.
Il y a une différence de la réelle urgence, celle que tu touches quotidiennement sans possiblité de recul, de repli ou de paix, et celle contre laquelle tu es assuré à vie.
Qu’on ne se méprenne pas sur mes opinions. Que ce soit par la naissance ou par le labeur, je trouve l’argent légitime, je l'aime en tant que moyen, j’en veux, et si j’en avais je capitaliserai à mort.
Je dis simplement que la disposition d’esprit de quelqu’un qui ne se retrouvera JAMAIS en réel danger, et celle de quelqu’un qui joue sans filet avec un enfant à charge, n’est pas la même.
C’est juste ça que je dis.
Mais j’affirme aussi que celui qui a tout a plus à perdre que celui qui n’a rien.
Je connais plusieurs personnes « assurées à vie ». Certaines sont indécentes, d’autres pas. Certaines se prennent pour des personnes de gauche, d’autres le sont sans le dire. Je pourrai dire pareil pour ceux de droite.
Peu importe le camp, certaines choses dans la vie ne peuvent exister que dans le secret. Il suffit qu’elles soient dites un jour pour qu’elles n’aient instantanément jamais existées. Qu’elles soient comptabilisées une seule fois et elles n’ont jamais été données.
Et je puis vous dire que dans certains cas la testostérone n’aide pas.


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29 avril 2007

Apprendre à finir

OUVRE LES VANNES

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Je vous jure que j’aimerais écrire un truc drole, mais j’ai les oreilles bouchées. J’entends même plus le hurlement intérieur. J’ai fermé les vannes.
Je m’acquitte de mon dû. De ce que je me dois à moi.
Je n’éprouve pas de fierté particulière d’avoir permis que certaines choses existent CONTRE moi. Tout contre.
Je ne me vanterai pas non plus du point de non retour atteint. Je n’en éprouve non plus aucune culpabilité. C’est le chemin que j’ai choisi, et il s’inscrit dans une continuité de vie.
Je ne suis à personne, et personne ne m’appartient.
La seule chose que je puis faire, c’est défendre mes intérêts, non ? C’est ce que nous faisons tous, je crois. C’est ce que j’ai fait, chaque jour, chaque instant. Jusque dans l’effacement méticuleux de mes contours, jusqu’aux cris intériorisés, jusqu’à l’étouffement, jusqu’à risquer la cassure, plier, plier, plier, et puis tordre dans l’autre sens, jusqu’à douter de mon intégrité.
Mais elle est toujours là. Intacte. Et je reste fidèle à ma promesse : chercher. Je progresse. Forcément à grands pas dans le cul. Je ne m’apitoie pas. J’y vois un sens et il n’a pas de fin.
Le bateleur, la force et la mort. C’est le triumverat d’une transformation radicale. Et on est tous plutôt bien placés, même si je ne vous connais ni des lèvres ni des dents, pour savoir que les transformations radicales n’ont généralement pas lieu en terrain waltdysnesque. C’est une règle de vie. Le changement c’est comme un pansement bien collé aux poils qu’il faut enlever d’un coup sec. C’est comme le petit orteil violemment incrusté dans le pied de lit. C’est comme l’angle de la porte du placard que tu greffes à ta tête trop vite relevée. C’est une douleur violente, lanscinante, mais nécessaire. Je le redis parce que j’en ai besoin : nécessaire pour ne pas recommencer. Je ne m’acharnerai pas non plus à me transformer en mirador sous prétexte de douleur. Ce serait m’empêcher de saisir les opportunités de vie qui ne demandent qu’à être cueillies. Plus de sang, de violence ou d’orgueil. Plus de discussions de sourds. Plus rien que la décision de deux êtres sans cible.


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24 avril 2007

Sans peur et sans reproche

hug_au_temps_du_bonheur

Il n’y avait rien jusqu’à aujourd’hui. Et j’en faisais tout un foin de ce rien. Comprenez, vivre, je n’ai que ça à faire. Râler sur la conscience qui revient dans la peau d’Huguette chaque matin, râler sur ma première inspiration, râler sur ce nouveau matin, sur le premier pas que je pose et qui me pousse à avancer l’autre et tant va la cruche à l’eau qu’à la fin, elle a des pattes. Râler sur la pantoufle qui fait trébucher, sur mon thé renversé. Insulter mon rôle de louve en prétendant haïr ma descendance, être à cheval et aux antipodes à la fois. Etre sur le fil du rasoir et au bord du précipice. Le croire. Flirter. Bénir le soleil d’une journée tout en étant prête au meurtre, n’importe quand. N’importe où, et d’abord au dedans. Se convaincre tellement qu’on a rien, qu’on est rien ou alors si peu de chose pour accrocher peut-être un sermblant d’humilité, ou d’apaisement au revers de sa veste : Zara 65 euros. Tiens, il reste un Deroxat dans la poche gauche. Non, je déconne, y a rien dans la poche. Y a que des mots, vous comprenez. Y a pas de malaise, pas de mal être, y a pas de médocs ou pas autant que je le prétends. Mais aujourd’hui, ça s’ouvre sous mes pieds. Je sais courir pour sûr. Et puis je suis trop « vieille » pour me laisser glisser dans la béance qui me montre la voie. Et pourtant, je me sens comme une athlète brisée avec trop de kilomètres et de moustiques dans les dents, oui je ris plus souvent que je ne pleure, sauf aujour’hui, sauf hier, sauf demain et pour des siècles et des siècles. Amen.
J’ai caché quelques rêves sous la moquette bleue d’une chambre magique, qui n’a plus rien de magique. J’ai balayé les autres d’un revers de la main en essuyant le fil de morve qui voulait pas se détacher, putain. J’ai aspiré à 1600 watts ceux qui restaient.
La maison n’est pas propre, mais elle n’a plus de rêve. Elle est lavée, nettoyée de fond en comble de toute prétention d’avenir. Je déambule en terre presque étrangère. C’est le presque qui fait effroyablement mal. Mais Huguette est forte, pour sûr. Avec tout ça, si elle nous développe pas une petite métastase, c’est qu’elle a la peau plus dur que le cuir. Elle a pas de bol, Huguette, elle est très résistante. Ça lui permet de fouetter à mort dans les à-pics, de s’apaiser dans les nivelés, de gerber dans les spirales, vous savez la loi des séries, et ainsi de suite, jusqu’à ce que mort ne s’ensuive pas.
Un jour, j’aurai 70 ans, enfin peut-être. C’est pas que je veuille m’accrocher comme l’arapède à son rocher, mais c’est un risque à courir. Je repenserai à ma vie, à ce qu’elle a été, à qui j’ai aimé. J’aurai des regrets, peut-être des remords. Je n’aurai plus la force d’être en colère. J’avais imaginé pour mes vieux jours, une sorte de pied de nez que j’aurai lancé à la vie, mais il est encore trop tôt pour savoir à quelle sauce je serai mangée. Je peux vous faire une visite guidée si vous voulez, j’ai dans mes mouchoirs, les chutes du Niagara et la fontaine du Vaucluse, plus quelques barrages de la région. Plus une ballade auprès d’un barrage, un pic-nic, une marche, un avenir.
Pierre disait : de ces quatre mots, il faut trouver l’intrus :
Métastase, Docteur Schwartzemberg, cancer, avenir.
Ces mots-là ne me concernent pas, il faudrait que j’en trouve d’autres, mais je n’ai pas le droit de les écrire sous peine de dévoiler le secret que je dois tenir, mais je puis vous dire que l'avenir reste l’intrus.


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18 avril 2007

Science et vie(r)

Si je devais choisir entre lire et écouter, je reposerais mes yeux. Je te mets du rose pour t'aider.

courbelliptique

Ok les gars, je vais reprendre ce blog en mains qui se désertifie comme un frigo en fin de semaine, un cubi en fin de soirée, comme un espoir en fin de race, mais un espoir peut-il se désertifier, hein, je vous la pose la question ? J’ai une théorie inédite absolument fascinante pour y répondre, mais des agents du FBI menacent de me greffer le menton des Bogdanov si je la dévoile.
Alors, voilà, je vais arrêter de vous parler de Jo et Patou, puisqu’apparemment vous aimez bien les blogs un peu à la genre ça se discute, avec des vrais problèmes de fonds, existentiels, avec des gens qui racontent comment ils ont été violés 47 fois de suite par un âne récidiviste à trois pattes, et que voui c’était l’expérience la plus mystique de ma sombre existence, car à la 47ème j’ai vu la vierge. Non ?! Si. Ah bon.
Alors moi je m’en fous, voyez-vous, je suis prête à renoncer à ma ligne éditoriale, parce que je suis sans éthique ni race, sans foi ni loi, sans principe ni précepte, prête à toutes les soumissions, et aussi parce que j’ai besoin d’amour et d’un âne qui me comprenne 47 fois de suite.
J’ai décidé de remettre ce blog dans le droit chemin de ses visites quotidiennes, et je me suis entourée des meilleurs conseillers pour aborder avec sérénité ce nouveau tournant.
Tout d’abord ,on me conseille d’arrêter tout ce qui est déprime et drogue, et de m’afficher dans une vidéo en petite culotte, pendant qu’une voix off me cherche : Loulou, Loulou ? demande t-elle. Silence. Loulou, Loulou redemande t-elle. Silence. La caméra me cherche mais ne me trouve pas : normal je m’appelle Huguette. Remarquez que si elle avait mieux cherché, elle m’aurait trouvée dans les chiottes entrain d’expliquer à Patou le théorème de Darboux. Et là vous vous dîtes, oh putain qu’est-ce qui marche bien le gougueule à Huguette.
Mais non bande d’ignares velus, je transmets le fruit d’une quête plus longue que le plus long poil du cul de l’univers (et je suis sûre que parmi vous, bref). Une quête qui ressemble à celle de l’alchimiste (le premier qui me parle de Paulo Coelho, je lui enfonce mon pèlerin dans le coelho en psalmodiant des mantras tibétains à l’envers pour philosopher plus haut). Une recherche qui contient la mémoire de l’univers et de ses environs qui sont pas mal non plus en basse saison.
Théorème central de la géométrie symplectique, le théorème de Darboux dit que les variétés symplectiques de dimension 2n sont deux à deux localement symplectomorphes. Je vous rassure, moi aussi ça m’a fait un choc. Mais pour être plus explicite, je dirais que si (M,w) est une variété symplectique de dimension 2n, alors, au voisinage de tout point de M, il existe des coordonnées locales (p,q) = (p1, …, pn, q1…, qn) de sorte que, dans ces coordonnées, w s'exprime w = dp ∧ dq.
Et, OUI j’ai besoin d’une paille et d’une carte pour expliquer tout ça à Patou, car si la caméra avait bien fait son boulot dès le départ, je m’appellerais Loulou, je serais belle, riche, célèbre, diplômée de sciences politiques d’une prestigieuse université nord-coréenne, et je m’emmerderais comme un rat mort à donner des accents de profondeur à mes aléas existentiels. Alors que là non.
PS : vous avez remarqué qu’on est en période de bilan ?

Ce billet est dédié à Kb, engrais de jardin.

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10 avril 2007

Fever

Jo m'a envoyé ça, c'est pour vous faire patienter, car en ce moment j'écris comme si j'avais deux bras gauches.

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30 mars 2007

Hélicrysum

Pour les sniffs et les voix : clique et monte le son.

Cocaine

L’idée n’était pas de moi. Au départ.
Jusque-là, on avait plus ou moins réussi à s’accomoder de ces délires éthyliques qui viraient en divines révélations avant de retomber dans un oubli sidéral (besoin irrépréssible de cuver).
Mais dès que la mémoire se rappelait à nous (besoin irrépressible d’ingurgiter à peu près tout ce qui tombe sous le sens), les révélations revenaient nous jouer du marteau piqueur. Et sous l’effet de ces hautes fonctions qui prenaient enfin place dans nos corps inutiles, nous sentions alors le sang pulser dans nos jugulaires et l’euphorie d’une foi transcendante nous tsunamiser la couenne.
Puis oubli à nouveau.

Enfin, l’un de ces soirs d’intense lucidité qui nous pousse à réfléchir environ cinq minutes avant de poser le pied droit devant le gauche (vous remplissez vite une soirée comme ça), il a bien fallu se rendre à l’évidence : Jo, Patou et moi, et bien on n’était comme qui dirait que des couilles molles.

Face à ce douloureux constat et dans un réquisitoire digne de moi, je prenais notre défense :
“Voici trois individus, nous, qui n’ont rien demandé à personne, n’ont rien commis de fâcheux, jamais, ont tout tenté pour s’insérer dignement dans l’enfer d’une jungle peuplée d’amibes et de brontozores, dont certains roulent en Smart, allant jusqu’à partager avec de soi-disant semblables des conversations qui s’échangeaient, non mais écoutez-moi ça, qui s’échangeaient au plus grand mépris de toute logique, trois êtres purs, dénués de toute intention néfaste, des êtres diaphanes, porteurs d’aucun message DONC fondamentalement pacifistes et pour ainsi dire sans défense. Puis sans aucune autre raison que l’arbitraire le plus couillon et l’indifférence la plus bêtement neutre, la vie se met à leur tomber dessus avec une frénésie de bulldozer. COMMENT VOULEZ-VOUS (ressers-moi), COMMENT VOULEZ-VOUS que ces individus, je le rappelle sans défense, et qui n’ont jamais au grand jamais demandé à être présents au grand appel de l’humanité, puissent envisager la vie comme une bénédiction ? Hein, comment ? Ils ne peuvent même plus l’espérer. Ils se tiennent seulement prêts à encaisser leur latte matinale, et chaaaaaaaque invariaaaaable maaaaaatin, à l’heure où le poison de la conscience s’insinue à nouveau dans les synapses qu’ils se tuent pourtant jour après jour à anéantir avec une minutie et une rigueur peu communes, que font-ils ? Hein ? Paf ! (claquement de mains), ils se réveillent ! Ce n’est pas Dieu possible qu’il ait été envoyé à l’homme, du moins à ceux-ci, de devoir endurer de tels tourments. Tout le monde simule l’aptitude à vivre, et si demain il était donné la possiblité à chacun de s’arrêter, ces couillons seraient persuadés d’avoir envie de continuer. Vous imaginez-vous jusqu’où est capable d’aller la perversité de la vie ? Vous faire croire que vous y tenez ! Nous sommes infiniment peu à être en vie et à SAVOIR qu’elle ne mérite pas d’être vécue. Nous sommes des élus. Ainsi, Monsieur JODASINSKY et Monsieur PATRICK, je vous demande instamment de mettre à exécution notre plan de lutte anti-vie afin d’offrir à l’humanité la paix qu’elle a toujours cherchée, et qu’elle trouvera enfin lorsque nous l’aurons renvoyée à son état de pure possibilité”.

Jo m’a regardée au fond des yeux, avec insistance, puis il s’est brusquement assis sur le bord du sofa, a claqué dans ses mains et a dit : « pour être efficace, faut débourrer. Sors la coke. Pas de psychotropes ce soir, ça risquerait de tout faire foirer".
Patou enchaîne : « je propose de commencer par la maternité de l’hôpital Nord, on poursuit avec celle de Beauregard, la Timone, la Conception, on finit par Saint-Joseph, comme ça on n’est pas loin de la maison. Une voiture pour le matos, et une moto s’il y avait besoin de faire diversion ».

On est tous raccord avec ça.

- Hug, où t’as mis les charges ?
- Je les ai remisées en bas. Y en a un paqson, faut tanquer la voiture juste devant la porte pour charger discretos. Ensuite je propose d’entamer le 2ème gramme pour nous donner des forces, et zou ! les bienfaiteurs de l’humanité entreront en scène !
Putain, qu’est-ce que c’était bon de se sentir utile. Y a pas à dire, on a beau railler, mais la vie qui prend du sens, c’est la drogue la plus dure que j’ai jamais goûtée. La meilleure.
A cet instant-là, j’avais envie d’ouvrir lentement les bras dans le geste dérisoire des enfants qui font l’avion, et de m’envoler vers rien.

Fin du premier épisode.


Posté par Huguette à 13:17 - Commentaires [29] - Permalien [#]
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