TENIR !

SI TU VIS, CE BLOG EST POUR TOI !

26 mars 2007

Qualité de vie, santé mentale et déstigmatisation

all_bran

Ils étaient posés là sur le trottoir, au milieu du brouillard d’oxydes de carbone et de la frénésie matinale qui s’empare des individus cueillis trop tôt par le boulot, les enfants ou la tristesse. Elle, blonde, un peu fade et douce, lui, brun, petit et décidé. Deux êtres à la limite de la visibilité, mais verticaux.
Ils étaient sur le point d’emprunter les directions opposées qui les sépareraient jusqu’au soir. Ils échangèrent un baiser rapide. Lui, paraissait un peu agacé, mais peut-être étaient-ce simplement son retard, et consécutivement son empressement, qui le rendaient à peine patient. Elle aussi était en retard, mais sa priorité était moins d’arriver à l’heure que d’arracher encore au temps qui se fout de tout, un moment, un geste, un regard, une odeur de lui qui la remplirait jusqu’au soir. Après le baiser, ils échangèrent encore quelques mots, puis, avant que celui qui l’habitait tout entière ne soit aspiré par tout ce qui n’était plus elle, elle vola un geste. C’était un mouvement un peu gauche –sa main à elle sur son ventre à lui- qui hésitait entre la tape amicale et furtive pour éviter de s’appesantir, et une pression plus longue qui voulait retenir. C’était un geste à la fois bref et long, qui signifiait « pars » et « reste encore ». Elle s’interdisait de l’empêcher d’être à lui, et ne pouvait s’empêcher de vouloir (violemment) le faire sien. Et elle, pendant ce temps, où était-elle ? A qui était-elle ?
Après ça, son regard affamé de femme et pour ainsi dire son ventre, continua à le scruter, quand lui semblait déjà parti. Ils se tournèrent le dos et s’éloignèrent. Il marcha droit devant, empruntant une droite imaginaire qui semblait pour lui bien réelle, et qui guidait ses pas de manière indiscutable.
Elle fit deux pas à peine, et se retourna pour le chercher des yeux. Elle comprit que le thème de la scène était « la fille transie d’amour sur un trottoir au matin », à moins que ce ne fut “contre le pot de fer, je serai la cruche”.
Elle portait un regard de manque. Un regard qui avale, mangé par un vide intérieur, douloureux et insatisfait.
Il ne s’est pas retourné, il a continué droit devant, et ce qu’elle lui enviait à cet instant sans le savoir, c’était la vision claire qui le guidait. Elle a poursuivi son chemin, à peine quelques mètres, avant de se retourner à nouveau. La douleur rendait son amour plus fort.
Sans lui, loin de lui, son visage s’était durci, et elle paraissait alors plus âgée et moins fragile. En tout cas, elle était différente, elle était autre, plus quelqu’un d’avide, quelqu’un de mesuré. Quelqu’un qui mange des “All bran”.


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12 mars 2007

Comment faire crever son blog

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Ingrédients :
1. Un dos de 88 ans.
2. Un employeur qui peine à vous licencier.
3. Deux énergumèmes qui se prétendent amis, et qui le sont en fin de cuisson.
4. Une flemme diabolique qui pousse l’inadaptée cathodique que je suis à embrasser les livres avec le même élan vomitif que la possédée pour l’eau bénite, pour ensuite caresser d’une façon que la morale réprouve les boutons de sa télécommande.
5. Du vin, beaucoup de vin.
6. De la drogue, beaucoup de drogue.
7. Une assurance et un je-m’en-foutisme quasi oniriques.
8. Des gens qui s’interrogent, puis qui s’interrogent plus.
9. Une chanson de Demis Roussos.

Temps de préparation : 1 mois.

Prenez une belle plante arrivée chimiquement à maturation. Desossez lui le dos en prenant soin de ne pas entailler les précieuses poignées judicieusement disposées de part et d’autre des hanches : elles fournissent 100 % de lipides à un quart du tiers monde. Réservez.

Disposez deux feuilles d’arrêt de travail sulfurisées sur le lèche-frites (je vous en prie), et faites cuire à blanc l’employeur qui tarde à vous licencier, après l’avoir piqué de quelques coups de fourchette.

Pendant ce temps, allez, sans le dos et sans les mains, ouvrir à la porte car on sonne.

Après avoir invité vos deux amis vignerons à prendre place dans votre sofa définitif afin d’y siroter ce rosé d’Anjou, non j’déconne, ce petit rouge de Loire immatriculé en 2003, respirez.

Laissez tranquillement exulter vos confraternels poivrots, jusqu’à ce que l’un deux presse inopinément la touche du portable que vous avez laissé négligemment trainer sur la table du salon.

Lorsque l’écran de veille disparaît et que leurs bouches s’ouvrent en cul de poule, affichant alors un air plus con que d’ordinaire, commencez à mijoter quelques justifications bien senties pour expliquer pourquoi leurs noms s’affichent sur un billet posté par Huguette.

Marinez d’autant plus dans votre merde que vous ne pourrez même pas faire miroiter quelque prix que ce soit, gagné dans un obscur festival où vous auriez acquis une gloire éphémère, une angine carabinée et un allègement du porte monnaie, étant cliniquement malheureuse au je et scientifiquement larguée pour l’amour.

Essayez de détourner l’attention en montrant l’incommensurable utilité que représentent les livres d’un agent du FBI, mystérieusement surnommé BHL, pour récolter les épluchures de patates et les viscères de poisson.

Après que vos ex amis vous aient subitement quittée fâchés (remarquez la troublante dextérité dans l’emploi des participes passés), laissez tremper votre rage impuissante dans un Moulin-à-Vent à 16°, et votre nez montagnard dans une poudreuse synthétique.

Un matin, après avoir constaté que votre blog agonisait, déglacez votre moi profond à grands coups de devise Montesquieuse : “c’est une chose extraordinaire que toute la philosophie consiste dans ces trois mots : je m’en fous”.

Allumez la télé.

Pensez à ces gens que votre absence questionne, puis rien.

Ecoutez en boucle la chanson de Demis Roussos “loin des yeux loin du coeur” avant de vomir d’un excès de sucre.

Envoyez se faire foutre les deux dégénérés congénitaux qui reprennent contact avec vous une semaine plus tard.

Bravo, votre blog est crevé.

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13 février 2007

Décrochage

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Il n'était pas de la mâchoire, je peux l'affirmer.

Tu sais, j'ai pas le salaire de ministre. Tu me diras j'ai moins de responsabilités, moins d'âmes qui dépendent des conséquences de mes clins d'oeils.

Pourquoi je te disais ça ? Et puis pourquoi je te tutoie ? J'ai horreur de ça.

Il m'arrive pourtant de sentir la nécessité de créer un lien immédiat avec une personne tout à fait inconnue, avant qu'on ne soit à la minute d'après et qu'il ne soit déjà trop tard.
C'est ce qui s'est passé avec Jo et Patou. Fallait pas attendre, sinon wist ! deux secondes plus tard c'était fini, et j'aurais pas eu mes deux béquilles. Je te raconterai.

Pourquoi je te parlais du salaire de ministre ? Ah oui, c'est à cause des 11 heures de taf quotidiennes. SANS LES DEPLACEMENTS.
Attends, je me mouche.

Pour 1500 euros par mois.
Attends, je change de position.

C'est pour ça que le blog en tant que nécessité vitale, je suis désolée de te le dire, mais ça me passe à 5000 pieds.
Attends, je profite des turbulences.

Du coup, j'ai le corset qui me maintient le dos bien droit, mais sans le talent de Frida Kahlo. Sans le salaire de ministre aussi.
Ah je l'ai déjà dit.
Et le collier mousse qui me fait le port encore plus altier. Je suis encore plus reine que reine d'un royaume où la moquette est bleu nuit. Il est de cette nature, le décrochage.
Pour les autographes, voyez mes agents.

Sur le lecteur dessous, spéciale dédicace pour Dis_ngaged. Il comprendra .

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22 janvier 2007

Independance Day

Je la joue comme Ab6 : ce morceau écouté en n’en plus finir reflète, comment dis-tu Ab6 ? "mon état actuel" ? soit, mon état actuel (sauf que moi je fais pas dans la trompette mexicaine, je fais dans la dinguerie polaire).

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Ils m’ont dit : faut qu’on parte. N’étant pas, a priori, contre le principe de partir, surtout si c’est pour ne jamais revenir, j’étais d’accord mais j’ai tout de même demandé où. J’aime bien savoir où je vais poser ma carcasse, mes oignons orthopédiques, ma langue chargée et mon corps de naïade playboyenne.

Ils ont répondu que ça n’avait pas d’importance, que l’essentiel c’est partir. Il faut en finir ont-ils ajouté. En finir avec quoi, ai-je questionné. Avec tout ça, ont-ils répondu en décrivant un grand cercle de leurs bras.

Moi je le trouvais très bien mon salon.

Cette conversation me donnait l’impression de lire un bouquin très chiant.
Quand Jo et Patou prennent des décisions à jeun, c’est un peu comme si vous lisiez d’un coup l’intégrale d’Arthaud et Michaux dans le salon de Bigard. Je ne dis du mal de personne (pas même de Bigard, c’est vous dire si je suis rétamée), d’ailleurs je vous conseille fortement « Poteaux d’angle » de Michaux, si Cioran vous fait rire (tapage de cuisses systématique en ce qui me concerne), vous allez vous poiler. Je l’ai prêté et on me l’a jamais rendu. Que de livres perdus, hein les gars ? On s’en ouvre une petite ?

Ils ont échangé un regard de connivence, de compréhension totale et partagée, qui m’excluait. Moi.
Je leur proposais à boire, et eux me regardaient comme une demeurée qui ne comprenait rien.

En même temps, ça fait un peu plus de 37 ans que j’entrave que dalle au bordel du tic tac, mais ils étaient déjà au courant AVANT. Alors pourquoi me jetaient-ils soudain comme un chien par la portière arrière, pendant que lui hurle à la mort de voir sa dépendance, sa soumission et son Canigou se barrer dare dare en vacances ? hein, Alm, pourquoi ?

Ils m’ont parlé du mouvement et de l’immobilisme, chacun se disputant la parole pour m’expliquer que cette vie-là, ici et maintenant, n’était pas pour nous.

Ils n’ont tout de même pas bouffé du buvard à 18 h 30 en plein lundi ? Non ? Si ? Ah non.

Puis ils m’ont demandé si j’aimais l’hiver, et c’était très con, puisqu’il savent que je hais l’hiver, presque autant que les gens. C’est douloureux et sec comme un coup de trique, ça cingle alors que vous sortez peinard de chez vous, ça vous transperce les multicouches de Damart aussi facile qu’un canif ou un mot. Nan, j’aime pas l’hiver.

Voilà, ont-ils répondu de concert, en ouvrant les bras pour me montrer une évidence qui, selon eux, devait faire approximativement 80 cm de large sur 1 m de haut.

J’ai rien compris, j’ai changé de pièce avec la bouteille.

Je vais faire des U.V., avec un peu de chance…


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13 janvier 2007

Time for change

Ouvre tes cages à miel :

cerveau

Or donc. J’aime bien débuter mes phrases par « or » ou par « donc », mais avouons que « or donc » ça vous pose une femme, un peu n’importe où soit, mais quand même. Regardez :

Or donc, je relisais les aventures poussivement palpitantes de ce blog, lorsqu’en mon for intérieur monta une odeur : ça schlingue, me dis-je, de cette spontanéité qu’on étouffe très tôt chez les jeunes filles de bonne famille. Vous aurez compris que je ne suis ni jeune ni de bonne famille. Ce qui ne veut pas dire que je n’ai pas de défauts.

Tu n’écris que de la merde, me redis-je, dans un élan d’autosincérité à 2,7 grammes. De gentils commentaires t’empêchent de te défenestrer six fois par jour, et toi tu ne racontes que le malheur, le tien qui plus est. C’est indécent de faire tout ça gratuitement. Tu n’as qu’à être heureuse.

Coupez ! on la refait.

Tu n’as qu’à être heureuse.

Non, ça va pas, on la refait.

Tu n’as qu’à être heureuse.

On la refait.

Tu n’as qu’à… coupez !

Vieille conne, poursuivis-je, (nous sommes très proches), même si tu puises la vase (que dans un ultime élan de piété envers toi-même tu appelles inspiration) dans la haine ordinaire, il doit bien exister des petits moments dans ton existence, où tu as cru, même brièvement, voire très très très (très) brièvement (la nanoseconde est permise), que peut-être, et nonobstant la régularité insolente avec laquelle s’obstinent à revenir les réveils, qui sont une des pires saletés de la vie (avec le bouchon en liège qui se casse à mi-goulot), il doit bien exister, disais-je, des instants suspendus où la connivence impromptue d’individus qui te sont soudain devenus semblables, et qu’à priori tu haïssais, parce que tu hais TOUJOURS à priori, histoire de pouvoir retomber sur tes pattes pourtant mille fois brisées (si vous voulez aller pisser c’est le moment), t’as remplie (c’est la connivence qui m’a remplie, remember) d’un amour si inconditionnel, que tu en as fini la bouteille (après avoir enfoncé le demi-bouchon).

Ouais, faut voir.

Peut-être y a-t-il même eu des instants de bonheur plus intenses que l’envie d’oublier, que leur puissante et éphémère beauté te rendait aussi douloureux qu’un malheur, des instants où tu as cru saisir le sens, ou du moins une infime partie, de tout ce bordel, malgré le calvaire chimique et alcoolisé que tu infliges à ton bulbe rachidien.

Mouais.

Peut-être y a-t-il eu des couchers de soleil si somptueux que tu te sentais prête à retourner chez le coiffeur, toi qui n’y vas qu’une fois l’an « pour rafraîchir ».

J’adore les mises en plis. Je vous emmerde.

Peut-être y a-t-il eu des morceaux de jazz si puissants, que tu les sentais couler dans tes veines, et qu’en fermant les yeux, de mirifiques images de solitude urbaine et forcément nocturnes t’emplissaient l’occiput. Le premier qui me parle de Bohringer, je lui vomis dessus. Personne n’a le monopole d’une ville la nuit. Le propre d’un cliché est d’appartenir à tout le monde, non ?

Et puis il y a Jo et Patou. Quand même c’est pas rien ces deux-là, même si tu as du mal parfois à les regarder parce qu’ils te renvoient tes propres faiblesses, ta propre douleur, et qu’à ton tour tu voudrais leur faire très mal pour qu’ils soient autre chose que le reflet de toi-même, alors que tu les aimes aussi pour ça. Vous m’écoutez, docteur ?

Tous ces moments, si tu les rassembles, peut-être que tu pourrais rendre un peu grâce à la vie, remercier ton père et ta mère, pose le M16, je voulais dire ton chat, qui sait si bien soulager ton rhumatisme du genou droit… et il faut avouer que c’est juste irremplaçable.

Un chat comme ça.

Noir en plus.

C’est vrai qu’il suffit de remuer un cil pour que les raisons de dégommer tout ce qui bouge te pleuvent sur la gueule, mais quand on a la chance d’avoir un félidé qui peut péter ET se lécher l’anus, malgré une toxicomanie aux croquettes avérée, un poisson rouge qui se transforme en piranha le matin (un frère de douleur), et une tortue aquatique tellement inexistante qu’on finit par l’oublier sous les algues, à force de ne pas changer l’eau, y a vraiment de quoi gambader nue sur la pelouse du stade Vélodrome comme un alezan sauvage, fou lui aussi, avec des chaussettes hiboux.

Mais au bout du compte, rien ne vaut de glisser sur une boule de platane, et de se casser le coccyx. On sent rien quand on a l’habitude d’avoir mal au cul.

Le premier qui me fait sa Véronique Jeannot, je l’atomise par la seule force de la pensée.


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05 janvier 2007

Fuckorporation

lunettes

Ok, Huguette tourne en rond. Vous aurez déjà noté l’aisance avec laquelle j’use de la 3ème personne. Trêve d’égocentrisme de base et de comique de répétition, douteux je vous l’accorde, pour vous avoir fait le même coup dans le billet précédent, je crains de ne guère apporter d’eau nouvelle à vos moulins à vents.

En revanche, chaque jour qui passe donne un tour de clé supplémentaire à la porte de ma solitude qui se blinde à l’insu de mon plein gré, pendant que moi, derrière je me lézarde doucement (violons). La Banque de France est un hôtel de passe à côté de ma forteresse. Y a pas de princesse, ni de prince charmant, mais restez, y a des sorcières et des meurtrières pour assumer le minimum iconographique de ce compte de faits.

Je voudrais aimer mon prochain, je voudrais me lover dans ses bras, je voudrais toucher ses cheveux soyeux, quoique ça non, je voudrais lui dire que du même moule nous sommes faits, me trancher la jugulaire et la sienne dans la foulée pour lui dire : regarde, c’est pareil, on crève comme deux couillons tous les deux, même si t’es quand même un peu plus couillon que moi.

Dans le bureau où chaque jour on me rogne le peu d’ailes qu’il me reste, en me demandant de rédiger des rapports insipides, dont l’utilité est aussi improbable qu’un QI de 135 chez l’amibe ou Patrick Sébastien (respirez), je parlais hier avec quelqu’un qui a su élever la bassesse et l’hypocrisie au rang de génie : sourires immenses, regard de compassion de cocker affectueux, mais suffisamment accrochée à ses frêles avantages laborieusement acquis à coup de décennies de soumission, pour vous balancer sans hésiter à la gestapo à la première occaze. Mais j’aime bien de temps à autre explorer les vortex qui nous séparent : conspuer doucement la hausse du prix du gaz, l’âge de nos artères ou la mystérieuse disparition de clés USB en jungle bureautique. Je devisais donc l’air de rien, c’est à dire mornement, histoire d’être assortie aux murs gris jaunes des bureaux.

Lorsque tout à coup, une secrétaire jolie, d’un niveau hiérarchique identique au mien (je dirais même légèrement inférieur, pour soulager mes hémorroïdes), ne me connaissant ni des lèvres ni des dents, s’imisce dans notre débat éthéré sur des airs de chefaillon. Surfant sur la déferlante de sa vacuité existentielle, son ton prend des airs carrément agressifs. Et dirigés. Ouais, vers moi. Surprise par le talent naturel que je crois déceler chez elle, je lui demande d’avoir l’obligeance de lever le bras droit. Mi-inquiète, mi-étonnée, mi-flattée (ouais, ça fait trois mi, et alors ?), elle s’exécute. C’est fou ce que je peux avoir raison parfois : d’emblée, j’avais remarqué sa prédisposition naturelle au salut hitlérien.


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29 décembre 2006

Tuyaux percés

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Huguette revient parmi les siens. Huguette parle d’elle à la 3ème personne, Huguette est son (bon) public. Huguette dit : aaaaaaaaaaah, tu nous as manqué Huguette. Nous reviens-tu plus heureuse, plus apte à la vie et au bonheur, plus encline à l’effort commun qui est de voir le bon côté des choses, de positiver, ainsi que le prône un célèbre petit artisan de denrées alimentaires qui oeuvre pour le bien public ? Nous reviens-tu Huguette, le coeur empli d’espoir, prête à plier tel le roseau vers ton prochain, pour le soutenir, lui lécher les mycchoses des orteils, lui tendre ton autre joue, celle qui n’est pas enflée, et mesurer enfin l’étendue de ta félicité ? Huguette, cette absence, dont tant d’amis virtuels se sont virtuellement inquiétés, a-t-elle été le fruit d’une prise de conscience formidable qui aurait transformé ton coeur tout plein de nerfs comme une mauvaise entrecôte filandreuse de resto d’autoroute, en un coeur d’ange qui comprendrait enfin ce qu’est le cadeau de la vie, poil au kiki ? Huguette, d’abord pose ton arme pendant que je te parle, et arrête de jouer avec les munitions. Ecoute moi. 2007 Huguette. 2007 sonne à ta porte, sonne à ton coeur. Il est temps de changer ton fusil d’épaule.

DETONATION.

Salut les gars. Désolée pour la longueur du laïus d’introduction, mais je n’avais encore jamais testé le M16, et j’ai un peu peiné sur le montage de la fin. Mais, comme dirait l’autre naze, il faut positiver. Cela m’a permis d’entendre assez de conneries pour m’ôter tout remords. 2007 sera pareille que les autres, qu’on se le dise. Peut-être pire. C’est la seule nouveauté que l’on puisse espérer.

C’est pourquoi, afin que vous ne vous sentiez pas trop dépaysés, j’ai choisi de vous parler de certains petits agacements (remarquez l’euphémisme de Noël, qu’on ne vienne pas me dire que je ne fais aucun effort), qui me feraient tirer au M16 à tout bout de champ.
C’est une catégorie peu voyante, pas aguicheuse pour deux sous, puisque c’est celle, respire, respire, respire, lexo, respire, des “choses faites à moitié”. Hyperventilation. J’ai encore eu récemment le loisir de tester ma capacité à m’autopercer les intestins, qui correspond au moment où je devrais tirer dans le tas, mais que pour une raison X je ne concrétise pas.

Les plus doués d’entre vous auront remarqué la lueur d’espoir.

Une bonne volonté naturelle alliée à un ardent désir de maintenir de rares et précieuses relations amicales, qu’une folie meurtrière viendrait bêtement gâcher, me poussent à me démerder seule. Un principe de base au demeurant simple, pour peu que l’on prenne la peine de s’y pencher, me pousse à faire les choses BIEN ou à ne pas les faire. Propre et net. Rien à dire.

Malheureusement, ou heureusement diront les amoureux du lancer de confettis, certaines situations réclament des aides extérieures, quand elles ne vous sont pas tout bonnement imposées par des bonnes intentions qui vous éclatent à la gueule, comme des grenades à fragmentation.

Au début je me laisse faire, méfiante, mais bon, touchée. J’ai un coeur filandreux, pas de pierre.
Puis, je vois Jo qui remet des chandelles neuves en faisant couler de la cire sur l’ancienne bougie, et en écrasant la bougie neuve par dessus, dans une verticalité horizontalienne, et en la maintenant fermement, jusqu’à créer 5 tours de pise par chandelier (ouais, chuis goy). Non, sans avoir fait tomber au préalable plusieurs fois les bougies, étoilant de cire ma nappe neuve.

Puis je le vois faire la vaisselle à la va-vite, à l’eau, ou avec l’éponge qui ne mousse même pas, et l’empiler à l’endroit. C’est exactement ce qui est préconisé lorsqu’on désire conserver le bordel gras et mouillé, et accessoirement donner l’illusion qu’on a voulu faire quelque chose.

A ce stade-là, j’ai des poussées artérielles inquiétantes qui se traduisent par des papillons dans les yeux, et une carotide qui bat son plein.

L’époque des travaux fut assez redoutable sur le plan nerveux. Patou s’obstinait à ne pas peindre derrière les tuyaux. Jo laissait sécher les pinceaux dégoulinants de vernis ou de peinture, les spatules maculées d’enduit.

J’avais dû quitter la pièce afin de me calmer, et de dire simplement, les choses dans le calme, normalement, comme une personne normale, dans une situation banale. En vain. Calme, simple, normal, banal sont des mots qui provoquent l’inverse de l’effet recherché.

Je m’accrochais en dernier ressort à la bonne intention que je me forçais à deviner, pour éviter de me les finir au couteau de cuisine.
Et je leur expliquais dans l’impossible effort d’une voix étranglée de rage impuissante qui me donnait des allures de castra poussif, mon principe de base : soit tu fais les choses bien, soit tu ne les fais pas.

Ils m’ont demandé pourquoi j’imitais Marie-Paule Belle.

Je sais que je ne suis pas folle.


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24 décembre 2006

Noyeux Joël à tous

Cette vidéo m'a été envoyée par la face de citron qui m'appelle face de steppes. Entre bridées, on se comprend. Je ne parle jamais d'elle. Elle pourrait en montrer aux plus grands faiseurs de mode. Elle s'invente. Tout le temps. Outre le fait qu'elle soit bridée, ce qui chez moi fait, comme chacun sait, marcher la machine à Bouddha, elle aime autant que moi le jus de raisin pourri habituellement boudé, voire vomi par ses congénères, les viets. C'est ma copine de coeur, de cul. De cul de bouteille s'entend. C'est la seule fille que je connaisse qui tienne le cubi de 10 litres de 22 heures à 6 heures du matin, et qui hurle avec moi les chansons de Sade et de Duran Duran en faisant des chorés années 80 dans le salon en bas, comme si on était dans une émission de Marithé et Gilbert Carpentier. Puis qui rentre, en titubant, après avoir mangé un demi bol de lentilles, sur son deux roues de livreuse de pizza, qu'une rafale de mistral pourrait emporter jusqu'à Ensuès-La-Redonne. Avec sa fourrure de lapin, son masque de ski, sa crète Bowieènne, et ses talons de 15 cm. En plus, elle ne parle jamais d'elle, comme si elle, n'avait jamais de problèmes. C'est un peu énervant. Dans nos coeurs, ça vole haut, le reste ne suit pas toujours.

JOYEUX NOEL A TOUS JE VAIS BIEN TU VAS BIEN IL VA BIEN NOUS ALLONS BIEN VOUS ALLEZ BIEN ILS VONT BIEN

JOYEUX NOEL


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20 décembre 2006

Ca fait couler les cages à miel

Je tiens à remercier ici publiquement devant les yeux ébahis des trois pelés et des deux tondus qui prennent leur courage à deux mains et leurs jambes à leur cou pour prouver qu'on peut faire du yoga en lisant les textes d'Huguette, à remercier publiquement donc pour le cadeau de Noël qui vient de m'être offert, et qui me vient de qui ? de ma famille ? non, de mes amis ? non, de ma chatte ? non, de mon patron ? on aurait pu le croire, le licenciement étant aussi attendu que l'est le Messie, mais je m'égare dans la fausse neige.

Merci à Donydami et à Manou pour ce cadeau de Noël.

Que la grandeur de l'Amérique soit toujours avec vous. Gode blesse America, sans vaseline.

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17 décembre 2006

Fosse des Mariannes où comment noyer le poisson

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Jo m’a dit : faut que t’arrête d’être dépressive. C’est petit. Je l’ai très mal pris. Patou a pris ma défense en regardant les mouches. En plein mois de décembre.

J’ai attrapé le journal Métro, sponsor officiel de la trépanation en milieu urbain, et ai montré l’encart rose à Jo. C’est un bandeau, d’un rose fushia qu’on ne retrouve à vrai dire que sur les rouges à lèvres des putes de l’est, et parfois sur les protubérances labiales de certaines secrétaires de certaines administrations.
S’y trouvent imprimés : une photo d’Elodie Gossuin (sais pas qui c’est), ainsi que son propos en lettres grasses, qui dit de son mari, deux points ouvrez les guillemets : “entre Bertrand et moi, c’est au-delà du mental”.

A ce stade-là, la vie me déprime. Je ne pose aucun jugement moral sur ces paroles éthérées. Je dis simplement, soyez humain, filez moi du Dicetel, j’ai l’intestin qui spasme à mort. Vous me direz, va te faire soigner, mais je vous ai devancé. Vous me direz change de psy, mais je vous ai devancé. Vous me direz… et là je te dis lâche moi.

Jo dit que taré pour taré, mieux vaut être en colère que déprimé, ça repousse naturellement les métastases. Patou a corroboré de son point de vue scientifique. Je l’aurais tué.

Je viens d’un pays où l’on hurle aux enterrements, d’une histoire où chaque minute est un drame. Jo dit que je ne suis pas tenue de m’arrêter à des âneries pour justifier un comportement névrotique dans lequel je me complais. Ce mec peut être une vraie saloperie quand il s'y met. T’as qu’à lire les bonnes nouvelles, dit-il en tendant le journal.

“Je me sens toujours plus grande quand je nage avec mes chaussures” (Pamela Anderson). Putain, il a raison, je ne vois que les merdes. Attends, je rééssaie : “le VIH serait freiné par la circoncision”. Je me tâte. “La police réfute la thèse du complot contre Diana”. “Les espagnols oublient le tabac”. “Marseille se rêve capitale de la culture”. HAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA... hahahahahahahaha (tapage de cuisses). Je la relis à voix haute. La chatte est prise d’une crise inextinguible d’hilarité. Jo et Patou restent de marbre. Des fois, on se comprend pas.

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